< Retour à la page d'accueil de l'OQLF

50 ANS d'action et de passion

L'Office a cinquante ans!

L'Office québécois de la langue française célèbre cette année son cinquantième anniversaire. Un demi-siècle d'actions pour enrichir et améliorer la langue française au Québec, pour en assurer le rayonnement et pour en faire la langue commune de la société dans toutes ses sphères d'activité. Un demi-siècle de passion! Pour suivre pas à pas la petite et la grande histoire de cette institution phare du Québec moderne, lisez chaque semaine notre capsule historique.


CAPSULE DU 6 AVRIL 2012


BIBLIOGRAPHIE


THÈMES DES CAPSULES PRÉCÉDENTES


SITE DE LA RÉVOLUTION TRANQUILLE

FRANCISATION

Capsule du 9 mars 2012

ICI, ON JOUE EN FRANÇAIS!

Campagne promotionnelle sur les jeux vidéo en français

En 2007, l'Office québécois de la langue française annonce la conclusion d'une entente déterminante avec l'Association canadienne du logiciel de divertissement. Grâce à cet accord, les Québécois amateurs de jeux vidéo pourront désormais s'adonner à leur loisir préféré en français.

L'entente de 2007 couronne une intervention soutenue dans le milieu de l'industrie du jeu vidéo, amorcée par l'Office en 1998, au moment de l'entrée en vigueur de l'article 52.1 de la Charte de la langue française. Cet article précise que « tout logiciel, y compris tout ludiciel ou système d'exploitation, qu'il soit installé ou non, doit être disponible en français, à moins qu'il n'en existe aucune version française ».

Le sujet préoccupe depuis longtemps les nombreux amateurs de jeux vidéo du Québec, qui déplorent l'absence de version française d'un grand nombre de leurs jeux préférés. De fait, en 2006, l'Office québécois de la langue française reçoit pas moins de 16 000 plaintes concernant des programmes informatiques offerts uniquement en anglais, dont des jeux vidéo. Les données de l'époque indiquent que moins de 10 % des jeux les plus populaires sont alors offerts en français au Québec, tandis que cette proportion atteint 80 % en Europe.

L'accord conclu avec les représentants de l'industrie aborde en trois étapes tous les aspects de la mise en marché des jeux vidéo. À partir de juillet 2007, tous les nouveaux jeux lancés au Québec doivent ainsi être offerts dans un emballage bilingue (français-anglais) ou multilingue, et la documentation qui les accompagne doit également comporter une version française. À compter d'octobre 2007, tous les nouveaux jeux conçus pour ordinateur et vendus au Québec doivent être offerts en français, si la version française de ce produit est disponible ailleurs dans le monde. Au 1er avril 2009, ces exigences s'appliquent à tous les nouveaux produits vendus au Québec, qu'ils soient conçus pour des consoles de nouvelle génération, pour des consoles portables ou pour des ordinateurs.

Par la voie de la négociation, l'Office québécois de la langue française est ainsi parvenu à trouver une solution durable qui assure le respect des droits linguistiques des consommateurs et la vitalité du français dans le domaine du divertissement numérique.


 

Capsule du 13 janvier 2012

L'EXEMPLARITÉ DE L'ADMINISTRATION

Aide-mémoire de 1977

Aide-mémoire à l'intention de l'Administration produit par l'Office en 1978.


L'État a le devoir de promouvoir la langue officielle, et la manière dont il l'emploie lui-même influencera inévitablement tous les citoyens. Il doit sans contredit servir de modèle et jouer un rôle moteur en matière de francisation.

Dès sa création en 1961, l'Office de la langue française, avec l'aide de collaborateurs, consacre ses efforts à la rectification de la langue de l'Administration*, qu'il s'agisse de textes de loi, de textes administratifs, d'appellations d'emploi ou de conventions collectives. Fait intéressant à signaler, à la fin des années 60, un syndicat du secteur public réussit même à faire accepter une clause visant à protéger la langue de travail des fonctionnaires.

En 1974, la Loi sur la langue officielle introduit pour la première fois une série d'articles portant sur la langue de l'Administration. Trois ans plus tard, la Charte de la langue française renchérit à ce sujet, en établissant comme règle générale le concept de l'unilinguisme français des textes et documents publiés par l'Administration. Elle prévoit de plus des dispositions pour assurer la généralisation de l'utilisation du français dans l'appareil étatique et l'emploi obligatoire des termes normalisés par la Commission de terminologie de l'Office.

Un processus de francisation est alors établi, qui comprend, notamment, une grille d'analyse linguistique et la délivrance d'un certificat de conformité aux ministères et organismes publics. L'Office entreprend également une série de mesures de promotion du français et ajoute au fil des ans d'autres leviers à son projet, notamment la politique d'achat et la Politique d'utilisation du français dans les technologies de l'information (TI), dont la dernière mise à jour se fera dans les années 2000.

L'adoption en 1996 de la Politique gouvernementale relative à l'emploi et à la qualité de la langue française dans l'Administration, mise à jour en 2011, marque un tournant décisif. Ce train de mesures, qui réaffirme le rôle exemplaire exercé par l'Administration, exige des ministères et organismes de l'État qu'ils adoptent leur propre politique linguistique. Depuis 1996, l'Office a mis en circulation divers guides, dépliants et aide-mémoire qui abordent, en plus de la Charte, des domaines d'intervention plus précis tels que les sites Web, les marchés publics, les messages téléphoniques, les TI et les organigrammes.

* L'Administration désigne le gouvernement et les ministères, les organismes municipaux et scolaires, les communautés métropolitaines et les sociétés de transport, les municipalités et leurs arrondissements ainsi que les services de santé et les services sociaux.


CHOLETTE, Gaston. L'Office de la langue française de 1961 à 1974 : regard et témoignage, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture : L'Office, 1993, 487 p.

CORBEIL, Jean-Claude. L'embarras des langues — Origines, conception et évolution de la politique linguistique québécoise, Québec Amérique, 2007, 548 p.



Capsule du 18 novembre 2011

POUR CLIQUER EN FRANÇAIS

Couverture de la Terminologie de l'informatique

Publié en 1983, la Terminologie de l'informatique connaîtra un immense succès.

Au cours des années 80, l'emploi des technologies de l'information et des communications (TIC) se généralise rapidement, transformant en profondeur les moyens de communiquer, de s'informer, de traiter et de stocker l'information. Comme ces nouvelles technologies se développent d'abord aux États-Unis, l'Office s'engage dans un long combat pour obtenir des produits en français et pour franciser la terminologie de ce domaine en effervescence.

La première intervention d'envergure de l'État québécois visera l'Administration. Il s'agit de l'adoption en 1992 de la Politique d'utilisation du français dans les technologies de l'information. Ce train de mesures impose notamment l'utilisation intégrale du français dans les postes de travail informatisés du personnel des ministères et organismes d'État ainsi que dans les communications avec les citoyens.

Vocabulaire du micro-ordinateur

Illustrations tirées du Vocabulaire du micro-ordinateur, publié par l'Office en 1986 sous la signature de la terminologue Marie-Éva de Villers.

L'action publique à l'égard des entreprises s'amorce officiellement l'année suivante. À l'occasion de modifications à la Charte de la langue française, le législateur ajoute l'alinéa 141,9, qui oblige les entreprises assujetties à la francisation à généraliser l'utilisation du français dans les technologies de l'information. L'Office se lance alors dans la réalisation d'un grand nombre d'outils et de services visant les entreprises comme le grand public. Il poursuit la diffusion de la terminologie du domaine, au rythme de l'apparition des nouveautés. Il offre une assistance technique aux entreprises, à l'Administration et aux consommateurs. Il collabore avec les concepteurs, les distributeurs, les revendeurs ainsi que les fournisseurs de services. Il diffuse des données techniques dans diverses publications, dont le bulletin Informatique-éclair, et plus tard dans son site Web. Il fait la promotion des normes techniques et publie en 2006 le guide Caractéristiques culturelles et linguistiques du Québec. Enfin, il met sur pied en 2008 un programme d'aide financière à la francisation des TIC.

Le sceau Bétel

Le sceau Bétel, marque d'excellence recherchée de l'informatique « tout en français »

Trois outils exceptionnels offerts dans le site Web de l'Office ont contribué à la renommée de l'organisme en matière de francisation de l'informatique : Le grand dictionnaire terminologique, la base de données PIF (Produits informatiques en français), qui renseigne sur l'offre de logiciels et de matériel en français, et Bétel (Banc d'évaluation technolinguistique), qui évalue la conformité et la qualité technolinguistiques de produits informatiques en français.

Le français intégral est celui qui comporte tous les caractères et signes diacritiques nécessaires à son expression complète.




Capsule du 21 octobre 2011

L'IMPLANTATION TERMINOLOGIQUE : FAIRE FLÈCHE DE TOUT BOIS

Affiche sur le vocabulaire de la manutentionAu cours de ses premières années d'activité en aménagement linguistique, l'Office produit de nombreuses terminologies qu'il diffuse sous forme de glossaires, de vocabulaires et de lexiques. Toutefois, la disponibilité de ces publications ne garantit pas nécessairement l'apprentissage et l'implantation pratique de ces termes en milieu professionnel. C'est la raison pour laquelle l'Office a imaginé au fil des ans toutes sortes de procédés pour amener les Québécois et les Québécoises à vraiment utiliser le français au travail.

Dans les années 70, l'Office mène ainsi des expériences d'implantation terminologique dans certaines entreprises, dont l'Aigle d'or (Ultramar) et la Compagnie générale électrique du Canada, qui lui permettent de se familiariser avec la dynamique inhérente au processus. Les bureaux régionaux de l'Office entreprennent pour leur part de nombreuses activités d'animation linguistique pour améliorer la qualité du français et uniformiser la terminologie. Des projets d'animation dans les secteurs de l'automobile, de la restauration, du commerce de détail et de l'imprimerie voient ainsi le jour.

Affiche sur le vocabulaire de la perceuse radialeDu côté des entreprises, on crée des comités de terminologie sectoriels ou internes. Les premiers visent à éviter l'éparpillement des ressources et, surtout, la « babélisation » de la terminologie; dans le second cas, on s'efforce de susciter la collaboration entre linguistes et spécialistes en vue de développer des terminologies adaptées aux besoins de l'organisation.

Vers la fin des années 80, l'Office conçoit une centaine d'outils d'implantation adaptés aux milieux de travail visés : mini-lexiques, fiches, guides et affiches se retrouvent ainsi dans des usines, des ateliers, des bureaux, des commerces. Ces outils connaîtront un grand succès auprès des travailleurs et travailleuses.

Affiche sur le vocabulaire du blousonEn 1998, l'Office revoit sa façon de faire. Il optimise la diffusion de la terminologie en concentrant ses efforts dans les milieux de la formation technique et professionnelle et en accordant une attention spéciale aux professionnels de la langue. Enfin, déterminé à mettre sa terminologie à la disposition des agents multiplicateurs comme du public en général, il offre à partir de septembre 2000 l'accès gratuit au Grand dictionnaire terminologique, désormais consultable dans le site Web de l'Office.

 

 

BOUCHARD, Pierre. « L'implantation de la terminologie française au Québec : bilan et perspectives », Présence francophone, no 47, 1995.

BOUCHARD, Pierre. « L'impact des actions de l'Office de la langue française sur les usages linguistiques publics », Terminogramme, no 101-102, hors série 2001.

DELISLE, Jean. La terminologie au Canada : histoire d'une profession, Montréal, Linguatech éditeur, c2008, xxxvi, 468 p.



Capsule du 14 octobre 2011

Profession : conseillÈre ou conseiller en francisation

C'est en 1977, à l'adoption de la Charte de la langue française, que la francisation des entreprises québécoises s'amorce pour de bon. La loi oblige en effet les entreprises d'au moins 50 employés à obtenir un certificat attestant que le français y est généralisé. L'Office crée alors une fonction unique au monde : celle de négociateur de programmes de francisation.

Issus du monde des entreprises, habitués au processus de négociation, ces premiers professionnels de la francisation font face à un monde des affaires hautement anglicisé. À force de travail et de persévérance, ils réussissent à franciser de nombreux milieux de travail, comme en témoignent les premiers certificats de francisation remis à des entreprises.

Au milieu des années 80, un grand nombre de programmes de francisation ont été négociés et approuvés, et il importe d'accompagner les entreprises dans la mise en œuvre de ces mesures. Pour tenir compte de ce nouveau rôle axé davantage sur le conseil, le titre de négociateur est remplacé par celui de conseiller en francisation. Tout comme leurs prédécesseurs, les conseillères et les conseillers doivent promouvoir des solutions qui mènent à une francisation durable.

À toutes les étapes de la démarche, chaque entreprise inscrite peut ainsi compter sur les services d'une conseillère ou d'un conseiller, soutenu au besoin par un spécialiste en francisation des technologies de l'information.

Plusieurs éléments sont vérifiés : par exemple, la connaissance du français au sein de la direction et du personnel, la langue du travail, les communications avec la clientèle et les fournisseurs, la terminologie, l'affichage public et la publicité commerciale, la politique d'embauche, de promotion et de mutation, et, depuis 1993, les technologies de l'information. Si des correctifs s'avèrent nécessaires, l'entreprise doit mettre en œuvre un programme. Le conseiller ou la conseillère doit aussi veiller à la permanence de la francisation dans les entreprises certifiées, lesquelles doivent tous les trois ans produire un rapport à cet effet.

La francisation des entreprises est un élément majeur du plan d'aménagement linguistique du Québec. Au 31 mars 2010, près de 84 % des 5850 entreprises inscrites à l'Office détenaient un certificat de francisation.

CORBEIL, Jean-Claude. L'embarras des langues – Origines, conception et évolution de la politique linguistique québécoise, Québec Amérique, 2007, 548 p.

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. L'aménagement linguistique
au Québec – enjeux et devenir
, coll. Langues et sociétés n° 34, 1994, 145 p.


 

Capsule du 22 juillet 2011

UN PROCESSUS À INVENTER

Couverture du guide général d'implantation

Pour faire du français la langue du travail, l'Office a dans les années 70 conçu un modèle d'intervention unique.

En 1970, le gouvernement de Robert Bourassa se fait élire en promettant de rendre le français prioritaire et d'en faire « la langue du travail » au Québec. Il confie à l'Office le mandat de réaliser ce programme. S'ouvre alors une période cruciale dans l'histoire de l'organisme, car il faut ni plus ni moins inventer le processus qui permettra de façon concrète de changer les pratiques linguistiques, fortement anglicisées, en cours dans la vie quotidienne des entreprises.

Le défi global consiste à concevoir une stratégie cohérente pour donner la préséance au français, tout en préservant la coexistence du français et de l'anglais sur le territoire. Ni le modèle suisse, le plus connu, fondé sur l'unilinguisme des cantons, ni le modèle belge, qui s'oriente alors vers la partition en zones linguistiques historiques, ne peuvent servir d'inspiration, et encore moins le modèle dictatorial de l'URSS ou de la Yougoslavie. Il faut trouver une solution québécoise.

Schéma d'implantation du français en entreprise

Implanter le français dans une entreprise : un travail systématique.

L'Office mène ainsi jusqu'en 1974 des travaux et des expériences pilotes dans le but de définir le concept de « langue du travail ». En s'inspirant d'une analyse effectuée pour la commission Gendron, l'Office parvient à circonscrire une série de facteurs qui permettent de déterminer si le français est la langue normale et habituelle dans une entreprise. Le circuit des communications apparaît décisif. On se penchera donc sur toutes ses composantes : communications internes, relations avec les fournisseurs (y compris les inscriptions sur les produits et les notices qui les accompagnent), communications avec la clientèle québécoise, avec d'autres entreprises, avec les ministères et organismes du Québec et du Canada, entre les succursales québécoises de la même entreprise et avec le siège social.

En 1974, l'adoption de la Loi sur la langue officielle affermit le statut du français. La Régie de la langue française, entité qui succède à l'Office, doit dorénavant collaborer avec les entreprises qui souhaitent mettre en œuvre un « programme de francisation » : celui-ci porte notamment sur la langue des manuels, des catalogues, des communications avec le personnel et avec les clients. La notion de « langue du travail » n'a plus rien d'abstrait.

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. L'aménagement linguistique au Québec – enjeux et devenir, coll. Langues et sociétés n° 34, 1994, 145 p.

CORBEIL, Jean-Claude. L'embarras des langues – Origines, conception et évolution de la politique linguistique québécoise, Québec Amérique, 2007, 548 p.



Capsule du 15 juillet 2011

LA TERMINOLOGIE EN PARTAGE

Lexiques

À partir de 1976, la Régie de la langue française se concentre sur la terminologie de la gestion d'entreprise et sur le vocabulaire général de l'industrie et des grands secteurs d'activité.

Le 24 février 1976, la Régie de la langue française publie un énoncé de politique sur le partage des tâches en matière de travaux terminologiques. Elle se rend compte que, pour trouver les centaines de milliers de termes nécessaires pour franciser le monde du travail dans un délai raisonnable, les entreprises et l'État doivent s'entraider, notamment pour éviter les chevauchements et la présence de terminologies parallèles.

Cette division du travail aura cours jusqu'au début des années 1990. De façon générale, les entreprises assument la responsabilité des terminologies spécialisées qui leur sont propres. La Régie se concentre sur la terminologie commune au plus grand nombre d'entreprises, soit le vocabulaire de la gestion (le tronc commun de gestion) et le vocabulaire technique général (le tronc commun industriel), et elle crée pour assister les sociétés la fonction de linguiste-conseil.

Ainsi, pour le tronc commun de gestion, la Régie traite, notamment, le vocabulaire de la gestion du personnel, de l'organisation administrative, de la mercatique (marketing), des méthodes quantitatives de gestion, de l'informatique de gestion et de la comptabilité. Le tronc commun industriel s'intéresse au vocabulaire des procédés de transformation industrielle, y compris la machinerie, de l'organisation industrielle et des organes mécaniques (transmission, assemblage, etc.). Le ministère de l'Éducation se charge pour sa part du vocabulaire des métiers et des professions.

La Régie fournira aux entreprises l'aide de linguistes-conseils pour le suivi du processus d'implantation du français. Ces professionnels évaluent les besoins linguistiques et leur niveau de difficulté, déterminent le partage des travaux et renseignent les entreprises sur la terminologie existante dans la Banque de terminologie du Québec ou au centre de documentation de la Régie. Ils et elles mettent en marche les travaux de terminologie au sein des entreprises en conseillant celles-ci sur la manière de procéder – notamment en ce qui concerne le type de personnel à engager et la méthodologie à suivre –, et après avoir examiné avec elles la possibilité de mener ces travaux en collaboration avec d'autres entreprises du secteur. Finalement, les linguistes-conseils s'assurent de l'exécution des travaux dans les règles de l'art.

DELISLE, Jean. La terminologie au Canada : histoire d'une profession, Montréal, Linguatech éditeur, c2008, xxxvi, 468 p.

QUÉBEC (PROVINCE). RÉGIE DE LA LANGUE FRANÇAISE. Partage des tâches en matière de travaux terminologiques : énoncé de politique approuvé par la Régie de la langue française, Montréal, Éditeur officiel du Québec, 1976, 9 p.



Capsule du 8 juillet 2011

LES ACCORDS BOURASSA-CHIRAC

Robert Bourassa et Jacques Chirac

Robert Bourassa et Jacques Chirac, signant les accords de coopération.
Source : Québec international, vol. 2, no 12, ministère des Affaires intergouvernementales, décembre 1974.

« Le Québécois a du mal à imaginer une entreprise fonctionnant tout en français, car il n'en a jamais vu », écrit en octobre 1974 Gaston Cholette, directeur de la Régie de la langue française. Grâce aux accords Bourassa-Chirac, conclus deux mois plus tard, des centaines d'entrepreneurs, de techniciens et d'enseignants du Québec traverseront l'Atlantique pour constater que l'on peut bel et bien travailler en français.

L'Office de la langue française, auquel la Régie de la langue française vient de succéder, a déjà mené auparavant des missions avec la France, mais l'entente quinquennale signée le 5 décembre 1974 par les premiers ministres Robert Bourassa et Jacques Chirac fait de ces programmes d'échanges un élément moteur de la francisation du Québec, telle que la conçoit la Loi sur la langue officielle, adoptée la même année. Les accords Bourassa-Chirac ciblent précisément la francisation des entreprises, la francisation de l'enseignement technique et professionnel, l'information scientifique et technique ainsi que la terminologie.

Des spécialistes et des cadres québécois iront ainsi observer sur place le fonctionnement de sociétés françaises similaires à la leur. Inversement, des dirigeants et des techniciens français séjournent au Québec et participent à l'implantation du français dans des usines. On met aussi sur pied un système d'échange de banques de données, afin que les entreprises françaises et québécoises aient accès à l'information scientifique et technique disponible de part et d'autre.

Des enseignants québécois du secteur professionnel et technique suivront des formations et des stages dans des entreprises de l'Hexagone, afin de s'imprégner d'un savoir d'expression française et d'en assurer la diffusion dans les polyvalentes et les cégeps. Enfin, l'entente prévoit la tenue de missions de recherche et d'enrichissement pour les spécialistes de la terminologie; on accordera une importance particulière à la création et à la diffusion rapides de néologismes.

Au fil des ans, les échanges se multiplieront, des relations d'affaires et des liens professionnels se tisseront. Les stages d'immersion et les missions terminologiques découlant des accords Bourassa-Chirac auront ainsi permis de nourrir et de consolider la francisation des milieux de travail au Québec.

CHOLETTE, Gaston. L'Office de la langue française de 1961 à 1974 : regard et témoignage, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture : L'Office, 1993, 487 p.

DELISLE, Jean. La terminologie au Canada : histoire d'une profession, Montréal, Linguatech éditeur, c2008, xxxvi, 468 p.



Capsule du 10 juin 2011

L'OFFICE ESSAIME DANS TOUT LE QUÉBEC

Affiche sur la terminologie de la voile, Rimouski, 1984

Affiche sur la terminologie de la voile conçue en 1984 par le bureau régional de Rimouski en collaboration avec la station de radio de Radio-Canada à Matane.

En 1963, l'abbé Jean Ratté, professeur au Séminaire d'Amos, crée le Service régional de la langue française, association privée vouée à la promotion du français en Abitibi-Témiscamingue. Six ans plus tard, le service d'Amos et quatre autres organisations, établies notamment à Hull et à Chicoutimi, se joignent à l'Office de la langue française à titre d'organismes paragouvernementaux. Les bureaux en région sont nés.

C'est en 1973 qu'ils deviennent partie intégrante de l'Office. Les équipes régionales ont alors pour mandat principal l'amélioration de la qualité du français. En 1977, avec l'adoption de la Charte de la langue française, qui impose aux entreprises l'obligation de franciser l'ensemble de leurs activités, l'Office reconnaît la nécessité d'accentuer sa présence dans les régions administratives du Québec. De 1978 à 1984, six bureaux régionaux s'ajoutent aux six premiers. Le nouveau personnel aura pour tâche d'expliquer aux entreprises les modalités de la Charte et de les assister dans leur processus global de francisation.

Pour faire état de l'avancement du français à l'échelle du Québec, la Direction des bureaux régionaux lance le périodique La francisation en marche. Puis des linguistes en région créent Bloc-notes, un bulletin linguistique destiné au personnel de secrétariat. Cette publication répond à un réel besoin, et son tirage bimestriel atteindra 30 000 exemplaires. D'autres linguistes s'emploient à améliorer la langue des journalistes; ainsi naîtront Les mots pour le dire et Nota. Les bureaux en région étant devenus des « bureaux d'animation linguistique », leur personnel multiplie les activités de promotion du français. Bref, la quinzaine d'années qui aura suivi l'adoption de la Charte pourrait être qualifiée d'âge d'or des bureaux en région.

À partir du milieu des années 1990, l'amélioration globale de la francisation des entreprises en région, jointe aux mesures d'austérité budgétaire de l'Administration, entraînera une réorganisation de la structure. Six bureaux couvrent maintenant l'ensemble du territoire québécois : Gatineau, Rimouski, Saguenay, Sherbrooke, Trois-Rivières et Québec.



Capsule du 3 juin 2011

L'OFFICE FRAPPE À LA PORTE DES GRANDES ENTREPRISES

Situation du français comme langue de travail

À la fin de 1973, l'Office dresse un bilan décevant d'expériences-pilotes de francisation menées auprès de treize grandes entreprises : seules deux d'entre elles ont accepté telles quelles ses recommandations. Il propose alors au ministre François Cloutier d'adopter une position plus ferme à l'endroit des quelque 250 entreprises québécoises de 500 employés ou plus.

Le plan d'action soumis au ministre repose sur une définition pragmatique de la « langue de travail », concept nouveau que l'Office a élaboré au cours des années précédentes. L'organisme propose qu'en se basant sur divers critères de cette définition (communications internes, relations avec les fournisseurs et avec l'Administration, etc.), les entreprises fassent l'analyse de la situation du français dans leurs établissements, et qu'elles soumettent ensuite un programme d'action, ainsi qu'une politique linguistique pour baliser l'emploi du français et de l'anglais. Par ailleurs, l'Office leur fournirait une trousse leur permettant de réaliser elles-mêmes la francisation de leurs activités.

Le ministre autorise l'Office à élaborer la trousse de francisation. Cependant, en mai 1974, il déclare qu'en l'absence d'un cadre législatif énonçant les volontés du gouvernement en matière de langue, « l'opération 500 » est vouée à l'échec. Quelques mois plus tard, le gouvernement adoptera le projet de loi 22.

Rappelons que le 29 juin 1970, soit deux mois après son élection, le premier ministre Robert Bourassa avait convoqué les dirigeants des 500 plus grandes entreprises établies au Québec afin de les inciter à prendre volontairement les mesures pour faire du français la langue de travail, dans toutes les régions. Cet appel politique avait eu peu d'écho auprès du milieu des affaires, mais il avait résolument engagé l'Office dans la voie de la francisation des entreprises.

CHOLETTE, Gaston. L'Office de la langue française de 1961 à 1974 : regard et témoignage, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture : L'Office, 1993, 487 p.

CORBEIL, Jean-Claude. L'embarras des langues : origine, conception et évolution de la politique linguistique québécoise, Québec, Québec Amérique, c2007, 548 p. (Dossiers et documents)



Capsule du 27 mai 2011

GOLDEN EAGLE DEVIENT L'AIGLE D'OR

Lexique de l'industrie pétrolière

La francisation de l'Aigle d'or a pourvu l'Office d'un fonds terminologique substantiel sur l'industrie pétrolière.

En 1971, la société britannique Golden Eagle (aujourd'hui Ultramar) décide de faire du français la langue de travail de sa nouvelle raffinerie de Saint-Romuald, en face de Québec. Menée tambour battant avec la collaboration intensive de l'Office de la langue française, l'opération passera à l'histoire : ce sera la première expérience de francisation générale d'un établissement industriel au Québec.

Convaincu par l'attitude positive du directeur de la raffinerie, l'Office convient d'entrée de jeu de mettre ses spécialistes et ses ressources à la disposition de l'entreprise. Il affecte un linguiste au dossier, crée un comité de terminologie, fait des démarches en France pour obtenir de la documentation, met à la disposition du personnel de l'Aigle d'or sa bibliothèque, son fichier terminologique et des locaux.

L'opération suppose la traduction et la révision de 6000 pages de documents liés au fonctionnement de la raffinerie et à la formation des futurs employés. Les délais sont courts : huit mois! La révision linguistique est assumée par un professionnel de l'Office et, contrairement à ce qui était prévu, l'Office traduit aussi une partie de la documentation : plan descriptif des installations, recueils des procédés, manuels, etc. Grâce à la collaboration cruciale d'un contingent de spécialistes — ingénieurs français, experts de l'entreprise et de divers ministères  —, les délais sont respectés et l'opération, un succès.

Autre grande réussite : la politique linguistique élaborée par l'Aigle d'or. Modèle du genre jamais dépassé, elle prévoit que « toute personne travaillant à la raffinerie doit avoir une connaissance pratique du français et se servir effectivement de cette langue. On recommande même aux membres francophones du personnel de répondre en français à leurs collègues anglophones qui s'adressent à eux en anglais, ce qui permettra à ces derniers d'accélérer leur apprentissage du français. »

CHOLETTE, Gaston. L'Office de la langue française de 1961 à 1974 : regard et témoignage, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture : L'Office, 1993, 487 p.

Haut de la page

Date de la dernière mise à jour : 2 décembre 2011
Québec
© Gouvernement du Québec, 2011