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50 ANS d'action et de passion

L'Office a cinquante ans!

L'Office québécois de la langue française célèbre cette année son cinquantième anniversaire. Un demi-siècle d'actions pour enrichir et améliorer la langue française au Québec, pour en assurer le rayonnement et pour en faire la langue commune de la société dans toutes ses sphères d'activité. Un demi-siècle de passion! Pour suivre pas à pas la petite et la grande histoire de cette institution phare du Québec moderne, lisez chaque semaine notre capsule historique.


CAPSULE DU 6 AVRIL 2012


BIBLIOGRAPHIE


THÈMES DES CAPSULES PRÉCÉDENTES


SITE DE LA RÉVOLUTION TRANQUILLE

Recherches et coopÉration internationale

Capsule du 23 mars 2012

LA RECHERCHE SOCIOLINGUISTIQUE

L’État et la planification linguistique

Les recherches et la réflexion sur la situation de la langue française au Québec ont, depuis sa création, alimenté, enrichi, orienté les travaux, les décisions et les interventions de l'Office québécois de la langue française.

Au cours des années 1950 et 1960, un éveil d'ordre culturel, des congrès et des études mettent à l'ordre du jour l'importance de la langue française sur le plan sociopolitique. Notons le Congrès de la refrancisation (1957) et le Livre blanc sur les affaires culturelles, publié en 1965. Plus méthodiques, la Commission royale d'enquête sur l'enseignement dans la province de Québec, dite commission Parent (1963-1964), la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme au Canada (1963-1971), et enfin la commission d'enquête connue sous le nom de commission Gendron (1973), dressent de leur côté un portrait plus complet et plus précis de la situation de la langue française au Québec, portrait qui servira de fondement aux lois linguistiques ultérieures.

 

Norme du français écrit et parlé au Québec, 1965

Le processus de francisation dans une entreprise montréalaise : une analyse sociolinguistique

Devant ces constats, l'Office prend conscience de la nécessité de disposer d'un service interne pour étudier de façon générale la relation entre la langue et la société qui l'utilise, et plus particulièrement les retombées de la mise en application des politiques linguistiques. En 1974 est créée la Direction de la recherche et de l'évaluation, chargée de commander les études et les recherches jugées utiles ou nécessaires à l'accomplissement de la mission de l'organisme. C'est dans le contexte des travaux de cette direction que l'on s'intéresse aux composantes du processus de francisation de l'entreprise, à la mise en œuvre des programmes de francisation et à l'implantation de la terminologie.

 

Évolution de la présence francophone parmi les hauts dirigeants des grandes entreprises québécoises entre 1976 et 1982

En 1977, à l'adoption de la Charte de la langue française, cette direction reçoit en priorité le mandat de fournir à l'Office les données indispensables à la planification, à l'implantation et à l'évaluation de ses interventions.

En 2002, une nouvelle responsabilité est confiée à l'Office : surveiller l'évolution de la situation linguistique au Québec, notamment en ce qui a trait à l'usage et au statut du français ainsi qu'au comportement et aux attitudes des différents groupes linguistiques. Pour mener à bien ce mandat, l'organisme réoriente ses travaux de recherche et d'évaluation et le Comité de suivi de la situation linguistique, composé notamment d'experts en démographie ou en sociolinguistique, est mis sur pied.

 

 


 

Capsule du 9 septembre 2011

LA RECHERCHE TERMINOLOGIQUE PONCTUELLE

Louis-Jean Rousseau

« Comment nomme-t-on tel objet ou tel procédé? Existe-t-il un équivalent français pour tel terme anglais? » Voilà le type de questions auxquelles doivent répondre les spécialistes de l'assistance terminologique ponctuelle, service que l'Office offre à divers publics depuis sa création, en 1961. Pour assurer la rapidité et l'efficacité de leurs recherches, ainsi que la validité des solutions proposées, les terminologues mettront au point une méthode de travail originale, adaptée aux conditions particulières de leur service.

C'est ainsi que l'on développe en 1984 la Méthodologie de la recherche terminologique ponctuelle, alors que l'on devait se contenter jusque-là de l'expérience basée sur la seule pratique. À la différence de la terminologie thématique, qui est utilisée pour la recherche portant sur les vocabulaires propres à un même domaine, la « ponctuelle » a pour objet l'étude de termes isolés ou de groupes restreints de termes appartenant à n'importe quel domaine de l'activité humaine. Surtout, elle vise à satisfaire un besoin terminologique immédiat exprimé par un usager.

Louis-Jean Rousseau

Fiche de consultation utilisée dans les années 80 par les terminologues de l'assistance linguistique.

La méthode décrit les quatre principaux cas de recherche en terminologie ponctuelle : la recherche de la signification du terme, la recherche du terme correspondant au concept, la recherche de l'attestation du terme et la recherche de l'équivalent. À cela peut s'ajouter la création d'un terme pour désigner une nouvelle réalité. La procédure comporte évidemment plusieurs étapes, notamment la collecte, l'analyse, la diffusion et l'enregistrement des données terminologiques. Elle suppose une très bonne connaissance de la documentation et, au besoin, le recours à des spécialistes. Par ailleurs, la demande amènera souvent le terminologue à conseiller l'usager sur d'autres aspects de la langue : rédaction, traduction, syntaxe, grammaire, etc.

L'utilité de la Méthodologie de la recherche terminologique ponctuelle a été reconnue par les spécialistes de la langue. Toujours d'actualité comme guide de travail et comme outil pédagogique, cette publication originale de l'Office fait partie de la liste des ouvrages recommandés dans les programmes de formation en terminologie française.

CÉLESTIN, Tina, Gilles GODBOUT et Pierrette VACHON-L'HEUREUX. Méthodologie de la recherche terminologique ponctuelle : essai de définition, [Québec], Office de la langue française, c1984, 171 p.  (Études, recherches et documentation)



Capsule du 12 août 2011

MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE TERMINOLOGIQUE, UN OUVRAGE PHARE

Louis-Jean Rousseau

Louis-Jean Rousseau, coauteur de la Méthodologie, alors qu'il assistait à Moscou, en 1979, à un colloque international de terminologie.

Au début des années 70, la jeune équipe de terminologues de l'Office constate le besoin d'une méthode de travail qui lui permettra de répondre efficacement à l'importante demande que lui impose son mandat de francisation des milieux de travail au Québec. C'est par la pratique, les échanges et les réflexions théoriques que l'on en arrive à la publication en 1978 de la Méthodologie de la recherche terminologique, qui demeure encore aujourd'hui un ouvrage de référence fondamental.

Un premier document d'aide intitulé Guide de travail en terminologie l'a précédé en 1973. Ce guide visait essentiellement à uniformiser les pratiques en matière de consignation des données terminologiques et à donner des bases méthodologiques aux professionnels de l'Office. Toutefois, ce document de nature plutôt technique n'avait pas une portée assez large pour orienter les grands travaux de terminologie que l'Office allait entreprendre alors.

Pierre Auger

Pierre Auger, à l'époque de la Méthodologie. Il a été directeur de la terminologie à l'Office de 1977 à 1985.

Le nouvel ouvrage qui paraît en 1978, sous la direction de Pierre Auger et de Louis-Jean Rousseau, aborde le sujet en profondeur en se fondant sur les travaux des années qui ont précédé et sur les réflexions partagées avec d'autres spécialistes d'ici et d'ailleurs à l'occasion de plusieurs colloques. L'ouvrage jette les bases de ce que l'on appellera l'« école québécoise de terminologie ». Il propose une synthèse de trois approches complémentaires : l'approche cognitive, qui consiste à étudier les concepts et les systèmes de concepts d'un domaine spécialisé; l'approche textuelle, issue de la linguistique du texte, qui consiste à étudier la terminologie à partir du discours scientifique et technique, et enfin, l'approche socioterminologique, qui se caractérise notamment par l'enquête terminologique sur le terrain.

Cette méthodologie innovante a connu depuis un grand retentissement au Québec et à l'étranger, notamment par la description qu'en a faite le célèbre linguiste français Alain Rey dans un ouvrage qui est lui-même devenu un classique de la terminologie1. Encore très utilisée dans l'enseignement, la Méthodologie de la recherche terminologique a fait l'objet d'une adaptation en catalan, puis, plus récemment, en espagnol.

1REY, Alain. La terminologie : noms et notions, 1re éd., Paris, Presses universitaires de France, c1979, 127 p. (Que-sais-je?; 1780).



Capsule du 5 août 2011

L'ÈRE DES COLLOQUES

Jean-Claude Corbeil

Jean-Claude Corbeil, directeur linguistique de l'Office de 1971 à 1975 et directeur de la terminologie de 1975 à 1977.

À la fin des années 60, la terminologie est une discipline largement empirique au service de la traduction, et les terminologues sont d'abord des traducteurs. Les pratiques d'alors engendrent un vocabulaire hybride sans enracinement réel dans la langue. En 1972, Jean-Claude Corbeil, directeur linguistique de l'Office, convie des spécialistes européens à Baie-Saint-Paul afin qu'ils échangent avec leurs pairs du Québec sur « les données terminologiques ». L'ère des colloques s'amorce, et avec elle, une réflexion en profondeur sur la discipline naissante.

Au cours des années suivantes, un nombre substantiel de colloques nationaux ou internationaux succéderont à cette rencontre. Organisés par l'Office de concert avec divers partenaires, dont la Société des traducteurs du Québec*, et avec la collaboration de grands spécialistes d'ici et d'ailleurs, ces rencontres visent à redéfinir la terminologie, son rôle, son objet, ses méthodes, notamment pour la conception de dictionnaires ou de banques de terminologie. On y traite aussi de diffusion et d'implantation.

Ces échanges donneront à la discipline une base théorique, des critères de validité et des marches à suivre, tant pour la recherche thématique, qui concerne tous les termes reliés à un domaine d'activité, que pour la recherche ponctuelle, qui porte sur un terme isolé. Ils auront pour effet d'uniformiser les travaux et d'encadrer la pratique de la discipline, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'Office. Des liens d'amitié se noueront entre les terminologues, qui peu à peu sentent qu'ils forment une véritable confrérie.

Fruit de ces réflexions et de la pratique, un document fondamental, qui va grandement orienter le travail terminologique, paraît en 1978 : Méthodologie de la recherche terminologique. Suivront en 1984 la Méthodologie de la recherche terminologique ponctuelle et, en 1985, le Vocabulaire systématique de la terminologie.

Comme le dira plus tard Jean Delisle dans La terminologie au Canada, ces colloques ont été une véritable école où ont enseigné les plus brillants linguistes, lexicographes et terminologues. C'est donc dire que la contribution de l'Office à la terminologie ne s'est pas limitée à la production et à l'implantation de vocabulaires et de lexiques, puisqu'il a consacré une part non négligeable de ses activités à la recherche.

* Aujourd'hui, l'Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec.

DELISLE, Jean. La terminologie au Canada : histoire d'une profession, Montréal, Linguatech éditeur, c2008, xxxvi, 468 p.

« Interventions sociolinguistiques et pratiques langagières : l'Office de la langue française de 1961 à 2001 », Terminogramme, nos 101-102, Hors-série 2001, 192 p.

Université Laval. Langues et linguistique, volume 33, 2010.



Capsule du 13 mai 2011

LE RAPPORT DE LA COMMISSION GENDRON : UNE SOMME SUR L'ÉTAT DU FRANÇAIS

Premier tome du rapport

Le premier tome du rapport traite de la question cruciale du français dans le monde du travail et dans les activités de consommation.

Le 13 février 1973, la commission Gendron remet son rapport final de l'enquête sur la situation de la langue française et sur les droits linguistiques au Québec. Résultat de 4 ans de travail, de 8 audiences publiques, de 120 mémoires et de 28 études spécialisées, les 1423 pages du rapport final brossent un portrait rigoureux et détaillé de la situation dans les entreprises et dans l'Administration, des droits linguistiques et des groupes ethniques. Une véritable somme sur l'état du français dans la société québécoise.

Les 179 recommandations du rapport ne seront pas toutes retenues, mais plusieurs d'entre elles influenceront la réflexion publique et l'élaboration des lois subséquentes. La première recommandation incite ainsi le gouvernement à « faire du français la langue commune des Québécois,
c'est-à-dire une langue qui, étant connue de tous, puisse servir d'instrument de communication dans les situations de contact entre Québécois francophones et non francophones ».

En matière de langue de travail, les commissaires proposent que le français devienne par étapes la langue des communications internes dans les entreprises, et ils préconisent l'augmentation de la présence des francophones aux échelons moyens et supérieurs. Le rapport se penche aussi sur la présence du français dans l'affichage, dans les documents liés aux biens et services, dans le nom des entreprises et dans les contrats des consommateurs francophones. Il y est également question du rôle que l'Administration doit jouer pour généraliser l'usage du français dans tous les services publics, de façon à montrer que le français est « la langue commune au Québec ».

Source : CORBEIL, Jean-Claude. L'embarras des langues : origine, conception et évolution de la politique linguistique québécoise, Québec, Québec Amérique, c2007, 548 p. (Dossiers et documents).



Capsule du 22 avril 2011

UNE ENQUÊTE CAPITALE

Jean-Denis Gendron

Jean-Denis Gendron, président de la Commission d'enquête sur la situation de la langue française et sur les droits linguistiques au Québec

Le 9 décembre 1968, tandis que la question du libre choix de la langue d'enseignement soulève les passions, le gouvernement de l'Union nationale dirigé par Jean-Jacques Bertrand crée la Commission d'enquête sur la situation de la langue française et sur les droits linguistiques au Québec. Cette commission sera présidée par Jean-Denis Gendron, linguiste et vice-doyen de la Faculté des lettres de l'Université Laval.

La commission Gendron a pour mandat de « faire enquête et rapport sur la situation du français comme langue d'usage au Québec et [de] recommander les mesures propres à assurer

a) les droits linguistiques de la majorité aussi bien que la protection des droits de la minorité;

b) le plein épanouissement et la diffusion de la langue française au Québec dans tous les secteurs d'activité, à la fois sur les plans éducatif, culturel, social et économique. »

En 1970, pour répondre aux préoccupations de la population, le gouvernement nouvellement élu de Robert Bourassa modifie le mandat de la Commission pour qu'elle s'attaque « d'abord et en priorité aux questions du français langue de travail, de l'intégration des nouveaux Québécois à la communauté francophone du Québec et des droits linguistiques de nos concitoyens ». Avec le concours d'une équipe multidisciplinaire regroupant des spécialistes du droit, de la sociologie, de l'histoire, de l'économie et de la sociolinguistique, la Commission met en œuvre un chantier de recherches dont l'ampleur est sans précédent.

La question linguistique est devenue un enjeu majeur dans la société québécoise.

Source : CORBEIL, Jean-Claude. L'embarras des langues : origine, conception et évolution de la politique linguistique québécoise, Québec, Québec Amérique, c2007, 548 p. (Dossiers et documents).

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Date de la dernière mise à jour : 9 septembre 2011
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