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À cause? C’est à cause que...

La locution conjonctive à cause que est souvent employée au Québec; elle est suivie d’une subordonnée, contrairement à la locution prépositive à cause de qui est toujours suivie d’un nom ou d’un pronom (à cause de son handicap, à cause d’elle). Aux XVIe et XVIIe siècles, la conjonction à cause que était usuelle, on la trouve entre autres sous la plume de nombreux auteurs dont Charles Perrault dans son Petit chaperon rouge (publié en 1697) : La bonne mère-grand, qui était dans son lit, à cause qu’elle se trouvait un peu mal, lui cria [au loup qui imitait la voix de la petite fille] : « Tire la chevillette, la bobinette cherra. » Elle se fait plus rare à partir du XVIIIe siècle et les dictionnaires du XIXe siècle la signalent comme vieillie. Et même si Littré, dans son dictionnaire, plaidait pour son maintien, l’usage en avait décidé autrement. La locution à cause que n’est donc pas incorrecte ou fautive, elle est tout simplement désuète; aujourd’hui, parce que l’a délogée dans la langue courante.

Une autre formulation encore répandue dans certaines régions du Québec, notamment dans Charlevoix et au Saguenay–Lac-Saint-Jean, est l’interrogation à cause? au sens de « pourquoi? ». Ce tour est bien attesté dans des parlers de France, en particulier de l’Ouest, d’où il nous est venu d’ailleurs. Mais à cause?, qui n’est jamais entré dans les dictionnaires français, est demeuré ce qu’on appelle un régionalisme en France de même qu’au Québec puisque cette forme de l’interrogation n’y est encore usitée que dans certaines régions.

Pour en savoir plus sur ces sujets, nous vous invitons à consulter les articles À cause que et À cause de notre Banque de dépannage linguistique.