Imprimer

lac-à-l’épaule

« Le premier ministre a tenu un lac-à-l’épaule de deux jours avec les ministres de son cabinet. »

Si la région d’Ottawa a son lac Meech, celle de Québec a son lac à l’Épaule. Les deux lacs auront été immortalisés pour avoir été le théâtre de rencontres politiques sinon secrètes, du moins discrètes. Si le toponyme Lac Meech rime (ou ne rime pas) avec accord constitutionnel, celui de Lac à l’Épaule rappelle quant à lui une décision marquante de l’histoire politique québécoise. C’est en effet en septembre 1962, dans cet endroit montagneux, situé à la limite du parc de la Jacques-Cartier, à proximité de la route reliant Québec au Saguenay–Lac-Saint-Jean, que le premier ministre Jean Lesage réunissait secrètement son cabinet pour décider s’il allait déclencher des élections sur le thème de la nationalisation de l’électricité. C’est à la suite de cette décision que la formule Maîtres chez nous fut lancée et devint le leitmotiv de la campagne de l’équipe de Jean Lesage. Le toponyme, substantivé (on l’écrit alors avec des traits d’union et en minuscules : tenir un lac-à-l’épaule), passa à la postérité pour désigner une rencontre importante tenue à l’écart, souvent dans un endroit naturel et vivifiant, au cours de laquelle les participants se réunissent pour définir de grandes orientations, s’entendre sur des actions à entreprendre, faire le point ou se ressourcer.

Enfin, pour ajouter à la petite histoire du lac à l’Épaule, sachez que cet endroit enchanteur avait déjà accueilli, à l’été 1943, Winston Churchill et Franklin Roosevelt qui se trouvaient réunis à Québec pour une conférence des Alliés.

Pour en connaître davantage sur les hydronymes Lac Meech et Lac à l’Épaule, consultez la Banque de noms de lieux de la Commission de toponymie. Nous vous invitons également à consulter la fiche lac-à-l’épaule de notre Grand dictionnaire terminologique.