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Bordée de neige et poudrerie

« Le Canadien-Français, né ingénieux, n'a pas manqué d'enrichir son vocabulaire de trouvailles heureuses et d'images vivantes. La terre, le climat, les coutumes du Canada ne pouvaient pas être peints rien que par des couleurs de France. Il a fallu varier le coloris, fondre certaines teintes, et nos termes de métier, notre jargon de marine surtout, employés dans la vie courante, ont donné du ton et du relief à la langue parlée. Quel tableau, par exemple, suggèrent nos bordées de neige, crachées en rafale par d'invisibles sabords. Et quel charme exquis dans la fine poudrerie qui s'amoncelle sur l'aubel du chemin et qui se tasse près des pagées de clôture! »

Pierre-Georges Roy, « Mots d'hier et d'aujourd'hui », Le Canada français, vol. 11, nº 9, mai 1924, p. 716-727.

[Définitions des termes en caractères gras]

sabord : ouverture quadrangulaire pratiquée dans la muraille d'un navire et servant, sur les vaisseaux de guerre, de passage à la bouche des canons.

Source : Le grand Robert de la langue française, 2e éd., Nouv. Ed. augm. Sous la responsabilité d’Alain Rey et de Danièle Morvan, Paris, Le Robert, 2001.

aubel : partie non creusée d’un chemin de terre qui est comprise entre les ornières ou qui en constitue la bordure.

Source : Dictionnaire historique du français québécois, sous la direction de Claude Poirier, Sainte-Foy, Presses de l’Université Laval, 1998.

pagée : partie d’une clôture entre deux pieds consécutifs.

Source : Glossaire du parler français au Canada, préparé par la Société du parler français au Canada, Québec, Les Presses de l’Université Laval, 1968.

 

 

 

 

 

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