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Le coconnage ou le bonheur chez soi

Par temps froid ou pluvieux, rien n'est plus agréable que de rester à la maison bien à l'abri dans le confort et la chaleur du foyer. Parfois le besoin de se faire chrysalide, de se retirer dans le cocon douillet du domicile, n'est pas saisonnier. Il devient une habitude, un comportement psychosocial que les sociologues américains ont appelé cocooning. Dans les années 1980, ce phénomène social s'est manifesté dans plusieurs domaines (mode, commerce, etc.). L'appellation anglaise cocooning est une forme dérivée de cocoon, qui est issu du terme français cocon et qui fait référence à l'enveloppe qui abrite les chenilles. Cocon vient lui-même du provençal coucoun, qui signifie « coque (d'un œuf) ».

En français, l'emprunt cocooning s'est fait très vite une famille : cocooner (verbe), cocooneur, cocooneuse, cocooniste (substantifs). Toutes ces formes, mal adaptées au système du français, particulièrement sur les plans graphique et phonétique, sont à déconseiller. Pourquoi ne pas utiliser, au sens figuré, la famille de cocon, qui peut fournir une série lexicale en français : coconnage, coconnière, coconner, s'encoconner, coconneur, coconneuse? Dans toutes ces formes, il ne faut pas oublier de doubler le n. L'image du cocon a aussi donné lieu à des termes dont l'emploi est très utile dans certains contextes (mode cocon, style cocon, voiture cocon, par exemple).

La série lexicale formée à partir du provençal coucoun est également disponible : coucounage, coucounière, coucouner, s'encoucouner, coucouneur, coucouneuse. Pour l'emploi du verbe, c'est même la forme provençale coucouner, qui veut dire « dorloter » dans cette langue, qui est la plus souvent attestée en français, d'où les dérivés possibles.

Pour en savoir plus sur le bonheur du coconnage en français, nous vous invitons à consulter les fiches coconnage (psychologie et commerce), coconneur, coconner, coconnage automobile et coconnage interactif (ou ruchonnage) de notre Grand dictionnaire terminologique.