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Blanchon, phoque et loup marin

La chasse aux phoques, qui suscite tant de controverses, nous fournit l'occasion de nous pencher sur l'usage de quelques termes. Parlons d'abord de l'appellation blanchon, qui désigne au Canada le petit du phoque du Groenland et de quelques autres espèces, que les francophones d'ailleurs appellent bébé phoque (au pluriel : des bébés phoques). Le terme blanchon, motivé, on s'en doute, par la couleur blanche de la fourrure du nouveau-né, nous est probablement venu des parlers de France. D'abord attesté dans la langue des pêcheurs des Îles de la Madeleine, il ne s'est répandu au Québec qu'à la fin des années 1970. Rappelons que la chasse aux blanchons est interdite au Canada depuis 1987.

Quant à l'appellation phoque, elle est couramment employée, dans la langue générale, pour désigner indifféremment le phoque et l'otarie; toutefois, la distinction entre les deux mammifères reste bien nette en zoologie. Pour les non-spécialistes, disons que l'otarie se distingue du phoque par son cou plus long, ses oreilles apparentes et sa démarche, l'otarie « marchant » sur ses nageoires alors que le phoque se déplace en glissant. De fait, en règle générale, il serait plus juste de parler de l'otarie plutôt que du phoque qui fait tourner un ballon sur son nez...

Et que dire de loup marin? Ce serait une appellation très ancienne pour le phoque commun, abondant dans l'estuaire du Saint-Laurent, et qui s'expliquerait par la ressemblance du cri de l'animal avec celui du loup. Le terme est consigné dans les grands dictionnaires mais ne semble pas avoir été aussi courant en Europe qu'au Québec, où loup marin a été pendant longtemps le seul terme en usage. De nos jours, il tend à s'effacer devant le mot phoque.

Pour en savoir plus, nous vous invitons à interroger notre Grand dictionnaire terminologique.