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Ministrable, premier-ministrable, présidentiable...

Le contexte électoral fait ressortir certains mots, quelques-uns critiquables, surtout des anglicismes inutiles, et d’autres, tout à fait acceptables et qui, curieusement, font parfois douter ceux qui les emploient. Ministrable au sens de « susceptible de devenir ministre » est de ceux-là. Peut-être parce que sa formation est si simple qu’elle peut paraître suspecte en ces temps où la langue de bois est souvent dominante. Inutile donc de mettre le mot entre guillemets ou en italique, il est bien formé, et les dictionnaires l’enregistrent sans marque.

Sur le même modèle, on trouve d’ailleurs un autre adjectif premier(-)ministrable, au pluriel premiers(-)ministrables, qui se répand notamment en France. Doit-on l’écrire avec ou sans trait d’union? Le Dictionnaire Hachette, le premier à l’accueillir, dès 2007, l’écrit avec un trait d’union, mais l’usage reste encore flottant dans la presse. Le trait d’union a l’avantage de mettre en évidence que l’ensemble forme une unité lexicale et que le suffixe -able se greffe à l’ensemble et non pas seulement à ministre. Ministrable est également employé comme substantif.

Les adjectifs présidentiable et papable sont formés sur ce même modèle.