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Sino

Les visites du premier ministre canadien au Japon et en Chine sont un bon prétexte pour parler de quelques mots qui se rapportent à ces pays. L’élément sino-, du latin, signifie « de la Chine, relatif à la Chine ou aux Chinois ». Il a servi à former quelques termes, plutôt didactiques, comme sinologue « spécialiste de la Chine » ou sinologie « science qui étudie la langue, la culture, la politique chinoises », mais il entre aussi dans la construction d’adjectifs ou de substantifs coordonnés (avec trait d’union) qui indique une relation entre la Chine et un autre ensemble ethnique, géographique ou linguistique. Par exemple, on parlera d’accords sino-canadiens.

Quant au Japon, l’adjectif correspondant est japonais, le plus courant, mais aussi nippon, d’un mot japonais signifiant « soleil levant » par lequel les Japonais désignent leur pays. Ce dernier est plus rare, le Petit Robert l’étiquette comme étant vieilli ou péjoratif, mais il est consigné sans marque d’usage dans les autres dictionnaires. Le féminin de nippon s’écrit indifféremment avec un ou deux n (nippone ou nipponne) et l’élément nippo- peut servir à former des adjectifs composés (une entente nippo-canadienne), bien qu’il soit relativement rare.

Enfin, on peut se demander s’il y a un ordre à respecter dans la formation de tels adjectifs. Il semble que non. Le seul critère qui paraît déterminer l’ordre des éléments est leur longueur, l’élément le plus court venant généralement en premier. Ainsi, on dira plutôt sino- ou franco-canadien que canado-chinois ou canado-français. Cette tendance se vérifie avec d’autres compositions, par exemple : anglo-américain, franco-italien, sino-vietnamien; il faut se rappeler par ailleurs que ces éléments en o- sont invariables.