| Un néologisme qui fait son chemin : hameçonnage
En avril dernier, une
terminologue de l'Office a proposé un néologisme pour désigner une
tentative d'escroquerie par courriel basée sur l'usurpation d'identité :
l’hameçonnage. Au moment de la rédaction
de la fiche terminologique, on aurait pu croire que l’emploi du
terme anglais, phishing, s’était déjà imposé en français.
Quelques mois plus tard, hameçonnage est de plus en plus
utilisé. Adopté spontanément par un grand nombre d’internautes et
par plusieurs médias en ligne, hameçonnage aurait-il déjà
fait mouche?
L’hameçonnage, c'est l'envoi massif d'un faux courriel
(qu'on appelle courriel hameçon), apparemment authentique,
utilisant l'identité d'une institution financière ou d'un site commercial
connu. Dans ce courriel, on demande aux destinataires de mettre
à jour leurs coordonnées bancaires ou personnelles en cliquant sur
un lien menant vers un faux site Web qui est une copie conforme
du site de l'institution ou de l'entreprise. Le pirate qui a envoyé
le courriel hameçon (c'est-à-dire l’hameçonneur) peut alors
récupérer ces renseignements et les utiliser pour détourner des
fonds à son avantage.
Le terme anglais phishing est issu de l'anglais
fishing, qui signifie « pêche », écrit avec un ph,
comme c'est souvent le cas dans le jargon des pirates informatiques.
Il fait allusion à la pêche à la ligne et à l'océan des utilisateurs
d'Internet, dans lequel le pirate essaie de piéger quelques poissons.
En guise d'hameçon (d'où la proposition du terme français hameçonnage),
un courriel est lâché sur Internet jusqu'au moment où un internaute,
moins soupçonneux qu'un autre, s'y accroche.
Lorsqu'on cherche le terme hameçonnage
sur le Web, en cette fin septembre 2004, on obtient environ 950
pages l’attestant. Seulement 82 de ces pages Web contiennent aussi
le terme phishing, ce qui nous permet de conclure qu'on
ressent de moins en moins le besoin de recourir à l’équivalent anglais
pour décrire ce phénomène. Hameçonnage est encore peu utilisé
dans la presse écrite, mais cela ne saurait tarder; un grand quotidien
québécois l'a d'ailleurs employé récemment. Rappelons qu'au moment
de la rédaction de la fiche, personne ne désignait cette notion
par le terme hameçonnage; il s'agit donc d'un succès rapide
gage d'un avenir prometteur pour ce néologisme.
Pour en savoir davantage sur les termes hameçonnage,
courriel hameçon, hameçonneur et hameçonner, vous
pouvez consulter Le
grand dictionnaire terminologique.
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