Capsule du 29 janvier 2004
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Carnaval, mardi gras, Carnaval!

L'origine de carnaval

Tous les mots ont leur histoire, et celle de carnaval est particulièrement riche sur le plan sociolinguistique. Pour retracer son origine, il faut remonter au Moyen Âge. Carnaval, d'abord attesté sous la forme carneval au XVIe siècle,est un emprunt à l'italien carnevalo. Ce dernier serait issu du latin médiéval carnelevare, verbe composé de carne « viande » et de levare « ôter », ce qui expliquerait le sens premier du mot en français qui semble avoir été « entrée en carême », puis « veille de l'entrée en carême » pour en arriver, par métonymie, à « fête donnée pendant la période précédant le carême ». On trouve la graphie moderne carnaval en français dès le XIVe siècle.

La fête

En pays catholique, le mot a d'abord désigné la période du calendrier religieux qui commence le jour des Rois et se termine le mercredi des Cendres, avec le début du carême. D'un point de vue profane, le mot s'est aussi appliqué aux fêtes et réjouissances associées à cette période, plus particulièrement le Mardi gras, pendant lequel on fait bombance et fête joyeusement dans plusieurs pays.
Le carnaval a toujours fait référence à une période avant le carême (variable selon les pays) où le peuple se donne le droit de faire la fête en se moquant des tabous, des interdits et des règles sociales.

Ses figures

En Europe, le mot carnaval peut aussi désigner un mannequin grotesque qui personnifie le carnaval et qu'on brûle, noie ou enterre le dernier jour du carnaval. On lui donne le nom de Monsieur Carnaval, sa Majesté Carnaval ou Carnaval. Son sacrifice est symbolique; selon la croyance populaire, il ferait renaître le printemps. Au Québec, la tradition n'est pas la même. Celui qu'on appelle Bonhomme Carnaval, ou simplement Bonhomme, est un personnage joyeux et ventru, un imposant bonhomme de neige portant une ceinture fléchée et coiffé d'une tuque. C'est l'animateur de la fête populaire, celui qui incarne le Carnaval de Québec. Par analogie, carnaval peut aussi désigner une personne bizarrement accoutrée ou déguisée pour le carnaval. Au Québec, on emploie plutôt l'appellation mardi gras en ce sens.

Dans la même famille

Des dérivés de carnaval sont aujourd'hui en usage. Ainsi, carnavalier et carnavalière qui désignent, tout particulièrement à Nice, les artisans qui travaillent à la conception et à la fabrication des chars et des personnages en carton-pâte faisant partie des défilés. N'oublions pas les noms carnavaleux et carnavaleuse plus rarement carnavaliste, en Europe servant à dénommer une personne qui participe à un carnaval ainsi que le verbe carnavaler, parfois usité au Québec dans le sens de « fêter bruyamment et joyeusement pendant le carnaval ».

Le vocabulaire du carnaval a fait l'objet de fiches terminologiques dans le
Grand dictionnaire terminologique
, qui sont regroupées dans un miniglossaire consultable dans ce site.