La capsule
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Carte-cadeau, chèque-cadeau, idée-cadeau

Quand on dresse la liste des mots associés à la fête de Noël, la grande place qu’occupe le mot cadeau depuis quelques années peut surprendre. On n’a qu’à penser à boîte-cadeau, carte-cadeau, chèque-cadeau, coffret-cadeau, emballage-cadeau, étiquette-cadeau, idée-cadeau, papier-cadeau, paquet-cadeau, sac-cadeau et combien d’autres.

Ces désignations récentes créées par apposition, c’est-à-dire en juxtaposant deux noms, correspondent à une tendance actuelle dans les procédés de néologie en français : des composés comme visite(-)éclair, grève(-)surprise, attentat(-)suicide ou radio(-)poubelle en attestent. Ce mode de formation peut cacher des rapports syntaxiques différents sous un même « emballage ». Ainsi, une carte-cadeau désigne une carte qui est en soi un cadeau, tandis qu’un emballage-cadeau est un emballage qui sert à faire le cadeau, une idée-cadeau est une idée de cadeau, une étiquette-cadeau est une étiquette pour un cadeau, etc. Si, dans cette juxtaposition de deux substantifs, on peut regretter la perte de l’expression du lien syntaxique entre les éléments, ce mode de formation est en revanche séduisant par son côté direct, concret, nouveau; les publicitaires vous diraient percutant. Quant à l’accord du pluriel pour les composés de ce type, plusieurs spécialistes de la langue soulignent la difficulté rattachée à l’application de la « règle » traditionnelle basée sur une analyse à la fois sémantique et syntaxique du rapport sous-entendu liant les deux substantifs. Ainsi, pour un même procédé (dans ce cas, la juxtaposition de deux noms), une analyse basée sur la relation entre les deux éléments déterminerait dans quels cas cadeau serait invariable et dans quels autres il prendrait la marque du pluriel. Les nombreuses contradictions relevées dans les ouvrages à propos des accords à privilégier pour ce type de composés nous ont amenés à préférer un accord simple pour toutes les désignations formées avec cadeau, soit la marque du pluriel pour les deux noms. On aura donc des cartes-cadeaux ou des emballages-cadeaux, le second substantif ayant en quelque sorte la valeur d’un adjectif, qualifiant le premier.

Un autre point commun à toutes ces formes : la possibilité de les écrire avec ou sans trait d’union. On constate cependant que plus une forme devient courante, plus les gens ont tendance à l’orthographier avec un trait d’union. C’est ainsi que chèque-cadeau (et non certificat-cadeau), maintenant bien répandu dans l’usage, est presque toujours écrit avec un trait d’union alors que coffret cadeau, moins fréquemment attesté, est le plus souvent écrit sans trait d’union. Nous privilégions quant à nous l’emploi du trait d’union par souci d’uniformité.