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Corporatif : comment et pourquoi l’éviter

En complément de la capsule Les affaires et l’État dans laquelle nous parlions de l’emploi abusif d’un vocabulaire commercial dans la langue de l’administration publique, nous abordons, toujours dans la même veine, cette fois l’adjectif corporatif. Nous verrons que cet adjectif, dans un contexte d’administration publique, est à éviter pour une double raison.

En français, corporatif est issu du substantif corporation qui désigne un regroupement de personnes exerçant un même métier ou une même profession. Son équivalent anglais corporate, outre ce sens, en connaît un autre, dans le domaine commercial, que le français ne possède pas. L’anglais corporate qualifie ce qui est relatif aux entreprises, aux sociétés de capitaux ou de personnes ou au monde des affaires. Dans ce contexte, l’emploi de corporatif est donc un anglicisme sémantique; on lui préférera, selon le cas, des équivalents tels que commercial, des affaires, d’affaires, de l’entreprise, d’entreprise, des entreprises, aux entreprises, de la compagnie, du siège social, de la société, social. Quant à l’autre raison pour laquelle corporatif est à éviter, elle réside dans le fait que la notion qu’il désigne n’a pas sa place dans l’administration publique qui ne relève pas, comme nous l’avons expliqué dans la capsule Les affaires et l'État, du domaine commercial. Dans le milieu de la fonction publique, corporatif pourrait être notamment remplacé par institutionnel, ministériel, organisationnel, de l’organisme, de l’organisation.

Pour connaître les équivalents français de nombreux emplois inappropriés de corporatif sous l’influence de l’anglais, nous vous invitons à consulter une liste des termes à privilégier. Vous trouverez également l'article Corporatif dans notre Banque de dépannage linguistique. Et pour connaître d’autres termes de la langue administrative dont l’emploi est critiqué, nous vous suggérons de vous reporter à la liste des « mots et expressions à connaître » de notre ouvrage Le français au bureau (6e éd., p. 267-292; 7e éd., p. 171-197).

Consultez la liste des termes à privilégier (26 septembre 2007).