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Rhume, grippe ou influenza?

La grippe et le rhume ont en commun de nous déranger, de nous gâcher la vie et de revenir invariablement avec l'hiver, mais au-delà de ces points communs, il est important de comprendre ce qui les distingue.

Grippe

Grippe, en français, a d'abord signifié « griffe, croc », c'est-à-dire « ce qui saisit »; le sens moderne du terme découle de cet emploi puisque la maladie saisit brusquement les personnes qui la contractent. Cette fameuse grippe est en outre une maladie infectieuse virale, caractérisée par une inflammation des voies respiratoires. Elle s'accompagne de fièvre, de fatigue, de douleurs musculaires, de céphalées, et parfois d'une toux sèche, de nausées et de vomissements. La grippe est également une maladie contagieuse qui se manifeste souvent sous forme d'épidémie. Elle est causée par un virus appelé influenzavirus ou virus grippal, responsable de la grippe humaine, mais aussi de la grippe aviaire et de la grippe porcine.

Rhume

Quant au terme rhume ou à son synonyme rhinite, on les définit comme une inflammation, une hypersécrétion et un écoulement, d'origine virale ou allergique, qui affectent les muqueuses du nez et des voies respiratoires supérieures, en particulier celles des fosses nasales et du rhinopharynx. Cette inflammation peut se compliquer d'infections bactériennes, entraînant de la toux. Les rhumes se subdivisent en deux grandes catégories, selon qu'ils sont causés par un agent pathogène infectieux (on parle alors de coryza ou, plus couramment, de rhume de cerveau ou de rhume banal) ou qu'ils sont causés par un agent allergène, comme c'est le cas pour la rhinite allergique saisonnière, appelée plus couramment rhume des foins. Enfin, le rhume est causé par des virus du genre rhinovirus ou coronavirus, différents de celui qui est responsable de la grippe.

Et influenza?

Et le mot influenza dans tout ça? D'origine italienne, le terme influenza s'est d'abord répandu en anglais avant d'entrer en français où son emploi est aujourd'hui vieilli. Si on continue de l'employer au Québec, concurremment avec le terme grippe ou parfois comme un équivalent « savant » de ce dernier, c'est sans doute sous l'influence de l'anglais qui, lui, l'a conservé. Il est donc préférable d'employer simplement le mot grippe; ainsi, on parlera de vaccin contre la grippe, ou d'épidémie ou de pandémie de grippe (plutôt que de vaccin contre l'influenza, ou d'épidémie ou de pandémie d'influenza). Dans la langue spécialisée, influenza a servi à former le terme influenzavirus, ce qui rend compréhensible son emploi dans la locution virus de l'influenza; il est toutefois préférable d'utiliser le terme influenzavirus dans ce contexte.

Campagne de vaccination et vaccin antigrippal

Enfin, dans la foulée des campagnes de vaccination antigrippale lancées au début de l'automne, on met sur pied des séances de vaccination (et non des cliniques de vaccination, d'après l'anglais clinic) pour administrer le vaccin antigrippal ou antigrippe (que l'on écrit en un seul mot et qui font au pluriel : des vaccins antigrippaux ou des vaccins antigrippe).

Pour en savoir plus sur ces sujets, consultez les fiches grippe, rhinite, coryza, rhinite allergique, rhinite allergique saisonnière, vaccin antigrippal, vaccination antigrippale, influenzavirus, rhinovirus et coronavirus du Grand dictionnaire terminologique. Vous pouvez également à consulter les articles Anti- et Clinique dans la Banque de dépannage linguistique.