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Les indignés

Un mot retient l'attention dans l'actualité récente : indigné. Il s'agit d'un cas de changement de catégorie grammaticale, en l'occurrence de substantivation (ou nominalisation). Ce phénomène, courant en langue française, consiste à transformer en nom (les indignés) un adjectif (une personne indignée), lui-même issu du participe passé (être indigné) d'un verbe (s'indigner). Les exemples sont nombreux, on n'a qu'à penser à ces adjectifs devenus noms communs tels les élus, les privilégiés, les oubliés ou les exclus. Notons au passage que le mot indigné(s) s'écrit avec la minuscule comme tout nom de membre d'un mouvement quelconque.

Source de l'appellation

L'emploi substantif d'indigné n'est pas nouveau. Le Trésor de la langue française l'enregistre comme un mot rare, l'illustrant par une citation de Georges Duhamel, un indigné avant l'heure, écrivain connu pour s'être montré sensible, dans ses œuvres, aux souffrances de la société moderne. Ce mot est récemment apparu dans les médias à la suite de rassemblements populaires spontanés qui seraient inspirés par un opuscule d'une trentaine de pages ayant pour titre Indignez-vous!, publié en France en octobre 2010 et dans lequel son auteur, Stéphane Hessel, écrivain, ancien diplomate, y exhorte les citoyens à réagir, à combattre l'indifférence.

Le mouvement des indignés

Le « mouvement des indignés », qui a pris naissance en Espagne au printemps 2011, s'est étendu depuis à de nombreux pays et touche aujourd'hui l'Amérique du Nord. Ces indignés se rassemblent dans les rues pour y tenir des manifestations qui prennent souvent la forme d'occupations pacifiques de lieux emblématiques de la finance (Occupons Wall Street).