| Kiosque ou stand
Au Québec, l'histoire de kiosque et de stand est très mouvementée. Elle rappelle d'autres manifestations d'insécurité linguistique où l'usage hésite à recourir à des emprunts à l'anglais qui sont courants en français d'Europe et, de surcroît, attestés dans les dictionnaires, mais qui, par ailleurs, viennent concurrencer des équivalents français usités au Québec (week-end et fin de semaine, parking et stationnement, shopping et magasinage, bowling et quilles, e-mail et courriel, etc.).
Stand est un emprunt à l'anglais (de to stand qui signifie « se tenir debout ») qui est attesté en français sous sa forme intégrale depuis le milieu du XIXe siècle, particulièrement en Europe. On l'emploie dans plusieurs contextes, notamment dans stand d'exposition et dans stand de ravitaillement (à la place de poste de ravitaillement, dans le domaine de la course automobile et cycliste). Depuis 1964, stand sert également à désigner une tablette de machine de bureau (à la place de support, de table support, tablette support ou bras support). On peut donc dire qu'il est implanté dans l'usage.
Mais, selon la politique de l'emprunt de l'Office, la généralisation d'un terme anglais et son attestation dans les ouvrages lexicographiques ne sont pas des critères absolus d'acceptabilité, notamment parce que les dictionnaires courants, et surtout l'usage, font une très large part aux emprunts à l'anglais. Stand ne constitue pas un apport indispensable à la langue française. Il ne comble pas de lacune lexicale, particulièrement en français du Québec, puisque kiosque (notamment dans kiosque d'exposition, kiosque d'information, kiosque à crème glacée, kiosque à légumes, etc.) est couramment utilisé à sa place. C'est à tort que l'on a qualifié, sans démonstration linguistique convaincante, le terme kiosque d'impropriété en français.
Francisé d'abord en chiosque (1608), puis en kiosque, cet emprunt au turc kösk est parfaitement adapté au système du français sur tous les plans (graphique, phonétique, grammatical et sémantique). Il désigne à l'origine un pavillon de jardin, puis, par la suite, il sert à composer plusieurs termes : kiosque à journaux, kiosque à fleurs, kiosque d'information, kiosque de gare, kiosque buvette, etc. Plus récemment, les dictionnaires enregistrent kiosque télématique et kiosque téléphonique. Kiosque est donc un terme bien vivant en français qui s'est enrichi de sens nouveaux et qui est tout à fait approprié pour nommer divers concepts, dont le kiosque d'exposition.
Par ailleurs, stand est également utilisé au Québec, dans plusieurs expressions, notamment dans stand à hot-dogs, stand à pizzas, stand de souvenirs, stand à journaux (à la place de kiosque), dans stand de cosmétiques (au lieu de comptoir ou de rayon), dans stand de ravitaillement à la place de poste de ravitaillement ou encore, à la place de station, dans stand de taxis. Même si on constate cet emploi fréquent de stand, l'utilité de l'emprunt est difficile à justifier, puisqu'on le trouve dans plusieurs contextes où il convient de le remplacer par des équivalents français.
Ainsi, selon la politique de l'emprunt de l'Office, stand n'est pas retenu non seulement pour éviter qu'il ne vienne concurrencer kiosque d'exposition, mais également pour empêcher la généralisation de l'emprunt dans plusieurs domaines où il convient de le remplacer par un terme approprié qui est déjà disponible et courant en français.
Pour en savoir davantage au sujet de kiosque et de stand, nous vous invitons à consulter Le grand dictionnaire terminologique. La politique de l'emprunt est également disponible sur le site Internet de l'Office à l'adresse suivante : http://www.oqlf.gouv.qc.ca.
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