| Francophonie et langue française
Le terme francophonie renvoie à plus d’une réalité. Attesté dès le XIXe siècle pour désigner les espaces géographiques où la langue française est parlée, le terme a connu une évolution sémantique sensible depuis les années 1960, plus particulièrement depuis le premier de ces sommets tenu à Paris en 1986. Le terme francophonie renvoie aujourd’hui à deux notions distinctes : une première qui est celle d’« ensemble de populations ayant le français comme langue maternelle ou véhiculaire, comme langue officielle ou encore pour lesquelles cette langue est significative pour des raisons historiques ou culturelles », et une seconde qui est celle de « réseau de gouvernements, de pays ou d’institutions qui ont le français comme intérêt commun et qui participent à des échanges dans le but de resserrer et de développer des liens économiques, culturels et politiques ». Lorsque l’on fait référence à la première notion, francophonie s’écrit généralement avec une minuscule, par exemple : un artiste connu dans toute la francophonie; un mot inusité dans le reste de la francophonie. Lorsqu’il est question de la deuxième notion, il s’écrit avec la majuscule; ce qui est le cas des appellations d’organismes ou de manifestations telles que l’Organisation internationale de la Francophonie, l’Agence universitaire de la Francophonie, les Jeux de la Francophonie ou encore la Journée internationale de la Francophonie.
L’examen du terme francophonie nous mène à celui de francophone qui
désigne une personne qui utilise couramment la langue française
dans la plupart des situations de la vie quotidienne. De la même
manière, le terme anglophone désigne une personne qui
a recours à l’anglais dans les mêmes situations. Au Québec, on
emploie également souvent le mot allophone (du grec allos « autre »);
ce terme est utilisé pour désigner une personne dont la langue
maternelle ou d’usage, selon les études, est différente de celle
ou de celles usitées dans le pays où elle vit. Ainsi, au Québec,
les hispanophones ou les arabophones sont considérés comme « allophones »
si leur langue maternelle, ou d’usage, n’est ni le français ni
l’anglais. Il faut se rappeler que, puisqu’il ne s’agit pas de
noms de peuple ni de race, toutes ces dénominations s’écrivent
avec une minuscule en français (contrairement à l’anglais); par
exemple : une école fréquentée par des francophones, des
anglophones et des allophones; un programme d’études pour
non-francophones.
Enfin, peut-on employer indifféremment français et francophone dans
le contexte québécois ou, plus largement, canadien? Il est intéressant
de signaler que lorsque l’on consulte les dictionnaires français
usuels comme le Petit Robert ou le Petit Larousse ou
même le Trésor de la langue française, on constate que
l’adjectif français est étroitement lié à la France et
à ses réalités et que c’est sous francophone que l’on
trouve la définition « de langue française ». Mais il
faut se rappeler que ces dictionnaires sont d’abord rédigés pour
la France et se garder de conclure qu’on ne peut employer l’adjectif français en
dehors de la France. D’ailleurs, des ouvrages rédigés pour le Canada,
à savoir le Dictionnaire du français plus et le Dictionnaire
québécois d’aujourd’hui, donnent à l’adjectif français le
sens « de langue française », emploi illustré
par des exemples comme : les écoles françaises de l’Ontario ou la
minorité française du Canada. Dans Le grand dictionnaire
terminologique, on précise, dans ce sens, que français et francophone peuvent
parfois s’employer indifféremment dans un contexte non ambigu pour
parler de réalités canadiennes, ce que l’on retrouve effectivement
dans des emplois comme le Canada français, le réseau français
de Radio-Canada, etc.
Pour en savoir plus sur ces sujets, consultez l’article Francophonie dans
la Banque de dépannage linguistique ainsi que les fiches francophonie et Francophonie, francophone (nom)
et francophone (adjectif), anglophone (nom) et anglophone (adjectif), allophone (nom)
et allophone (adjectif) du Grand dictionnaire terminologique.
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