À quelle vitesse rouliez-vous?
Le Québec s’y est mis, à l’instar de nombreux pays… À l’heure de l’automatisation, voici donc que les policiers de la route auront désormais de l’aide : le ministère des Transports a installé depuis peu des dispositifs de contrôle automatisés. Quels sont-ils? Comment les désigne-t-on?
Radar et cinémomètre
Il y a tout d’abord les radars. Les radars sont utilisés ici comme cinémomètres. Ce sont des appareils qui se servent de la transmission de faisceaux de micro-ondes pour calculer la vitesse d’un véhicule. Tous les cinémomètres ne fonctionnent pas de cette façon. L’appellation cinémomètre désigne tout appareil utilisé à des fins de mesure de la vitesse d’un mobile; ainsi le cinémomètre radar, qu’on appelle aussi, dans un contexte de surveillance routière, radar routier, radar de vitesse ou simplement radar, n’est qu’un type de cinémomètre utilisé pour le contrôle de la vitesse sur les routes. Les dispositifs de prévention placés à des endroits potentiellement dangereux sur les routes et qui, à notre passage en voiture, affichent la vitesse à laquelle nous roulons sont également des exemples de cinémomètres.
Boucles à induction magnétique
Outre le radar, un autre système qui utilise cette fois-ci des boucles à induction (ou d’induction) magnétique (on parle aussi de boucles inductives magnétiques) que le ministère des Transports a enfouies sous la chaussée, servira aussi à certains endroits à déterminer la vitesse des véhicules. Ces boucles, installées par paires, sont constituées de fils enroulés sur eux-mêmes et placés dans le sol de manière à former un circuit électrique qui se referme sur un détecteur. Sur la chaussée, des rectangles indiquent leur présence. Au passage d’un véhicule, l’inductance des boucles subit des variations enregistrées par le détecteur, qui effectue les calculs nécessaires pour déterminer sa vitesse. C’est ce même dispositif, qui cette fois n’est pas indiqué par un rectangle mais par un losange, qui est utilisé pour déclencher un changement de feux à certaines intersections.
Dans cette première phase d’implantation, le ministère des Transports a choisi de donner à ces deux types de cinémomètres (le radar proprement dit et le système de boucles à induction magnétique) le nom de radar pour ne pas embrouiller les automobilistes, qui seront prévenus de leur présence sur la route par des panneaux.
Prise de photos
Ces cinémomètres sont de plus reliés à des appareils photo. C’est ainsi qu’on parle de cinémomètres photographiques (ou cinémomètres photo) et de radars photographiques (ou radars photo). La prise de photos est déclenchée automatiquement lorsque les cinémomètres détectent une vitesse excessive. L’intégration d’appareils photo performants permettra aux dispositifs mis en place de compléter le travail de détection en révélant le numéro de la plaque du véhicule conduit par le contrevenant.
Surveillance aux feux rouges
Par ailleurs, un autre type d’installation a également fait son apparition : le système de surveillance aux feux rouges. Dans ce cas, le système aura d’abord comme objectif non pas d’établir la vitesse du contrevenant, mais de prouver que le conducteur du véhicule n’a pas respecté l’arrêt au feu rouge. La technique utilisée est encore ici celle des boucles à induction magnétique qui déclenchent la prise de photos simultanée de l’avant et de l’arrière de la voiture qui passerait au rouge.
Radar photo ou photoradar?
D’un point de vue linguistique, ajoutons que la désignation radar photo est préférable à celle de photoradar. La forme radar photo est plus explicite, les éléments placés dans cet ordre étant plus faciles à décoder pour nommer un appareil qui est d’abord un radar, auquel on a ajouté un appareil photo. Photoradar, au contraire, signifierait que le radar nécessite pour fonctionner soit de la lumière comme dans la photosynthèse, soit l’utilisation de la photographie comme pour la photocopie ou la photocomposition. Dans le cas du détecteur de vitesse, comme l’appareil photo n’est pas nécessaire au fonctionnement du radar mais vient s’ajouter au dispositif de détection, il est normal en français de placer l’élément radar avant l’élément photo. En outre, la forme radar photo évite une autre ambiguïté, qu’illustrent ces contextes extraits de journaux européens :
«… un collègue avait emprunté sa voiture, mais la photo radar est floue » (La Voix du Nord, 2006) ou « ignorant qu'il était reconnaissable sur la photo radar, le sénateur… »
(Le Temps, 2003); mais rassurez-vous, au Québec, on nous affirme que les occupants de la voiture seront masqués par les vérificateurs des services de police avant l’envoi de la photo qui accompagnera le constat d’infraction.
En terminant, rappelons que cinémomètre photo et radar photo s’écrivent sans trait d’union, et que le pluriel fait normalement des cinémomètres photo et des radars photo, comme des appareils photo.
Pour en savoir plus sur le sujet, nous vous invitons à consulter les fiches cinémomètre, radar routier, cinémomètre photographique, radar photographique et boucle à induction dans notre Grand dictionnaire terminologique.
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