| Quand un chef tire sa révérence…
La dernière semaine fut fertile en émotions sur le plan politique. À la suite de la démission-surprise du chef au Congrès national du Parti québécois, on a dû procéder à la désignation, dans le cas présent, d’une chef intérimaire de l’opposition officielle ou d’une chef de l’opposition par intérim (à quoi bon parler de leader de l’opposition alors que le terme français chef est disponible?). Celle-ci prendra la relève du chef démissionnaire jusqu’à l’élection d’un nouveau chef (et non leader) du Parti québécois et son entrée à l’Assemblée nationale.
Ce nouveau chef sera désigné au terme d’une course à la direction ou course à la chefferie du parti. Le mot chefferie est un terme accepté, bien implanté dans l’usage québécois, sur lequel nous reviendrons dans une prochaine chronique. La dénomination course au leadership est inutile, nous avons suffisamment de termes français pour nommer cette réalité. Par ailleurs, il faut éviter de confondre les fonctions de président et de chef de parti qui correspondent à deux postes distincts au sein d’une formation politique et, par conséquent, on ne peut parler dans ce cas de course à la présidence du parti. De même, on ne peut parler de congrès d’investiture pour désigner le congrès qui clôturera cette campagne à la direction ou à la chefferie du parti. Le terme investiture ne s’emploie que dans le contexte d’une élection alors que les partis politiques désignent un candidat ou une candidate qui se présentera dans chacune des circonscriptions à la prochaine élection. On emploie aussi le terme dans le contexte d’une élection présidentielle aux États-Unis où chacun des partis choisit son candidat à la présidence lors d’un congrès, appelé convention (la convention démocrate par exemple). Il n’est pas inutile en passant de rappeler que ce terme convention n’est accepté dans ce sens, en français, qu’en référence à la réalité américaine; il est considéré comme un anglicisme dans le sens de « congrès » en français québécois, que ce soit dans le domaine de la politique ou autres.
Certains ont soulevé la question du membership : une telle campagne pour (ou à) la direction du parti favoriserait peut-être un renouvellement ou une augmentation de l’effectif (ou des effectifs) du parti, du nombre de membres ou des membres, ou encore des adhérents (plutôt que du membership).
Il a également été question de momentum, certains déplorant le fait que cette démission survienne alors que le parti profitait d’un momentum, anglicisme de plus en plus utilisé dans la presse et pour lequel pourtant le français ne manque pas d’équivalents : élan, impulsion, lancée, etc.
Enfin, plusieurs personnalités ont rendu hommage au chef sortant. On l’a qualifié d’excellent debater (à remplacer par débatteur, aujourd’hui bien ancré dans l’usage sous sa forme française).
Si vous voulez en savoir plus sur quelques points traités ci-dessus, nous vous invitons à consulter des textes déjà parus. Ainsi, pour les règles d’écriture des termes liés aux partis politiques et à leurs partisans, veuillez vous reporter à la capsule Congrès, partis et partisans : règles d’écriture. Pour le terme momentum et ses équivalents français, voyez le texte de la rubrique Lu ou entendu ainsi que l’article Momentum de notre Banque de dépannage linguistique. Quant au terme débatteur, nous vous renvoyons à la capsule Ces mots autour du débat.
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