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Quand un chef tire sa révérence…

Les dernières semaines ont été fertiles en émotions sur le plan politique au Québec. Ce peut être une occasion d’apporter quelques précisions sur l’emploi de termes en rapport avec les événements récents. Ainsi, à la suite de la démission du chef d’un parti, on a procédé à la désignation d’un chef intérimaire, dans ce cas-ci, de l’opposition officielle ou chef de l’opposition par intérim. Celui-ci prendra la relève du chef démissionnaire jusqu’à l’élection d’un nouveau chef du parti. Par ailleurs, signalons que l’on emploie parfois le terme leader pour désigner plus généralement une personne à la tête d'un mouvement ou d'un groupe. L'emprunt à l'anglais leader (aussi écrit leadeur) et l'appellation féminine leadeuse sont légitimés en français au Québec, et sont acceptables en vertu des critères de traitement de l'emprunt linguistique en vigueur à l'Office québécois de la langue française.

Revenons à ce nouveau chef. On désignera celui-ci au terme d’une course à la direction ou course à la chefferie. Le mot chefferie, qui fait partie du vocabulaire politique du Canada français depuis la fin du XIXe siècle, est un terme accepté, est bien implanté dans l’usage québécois et est conforme au système linguistique du français (voir à ce sujet la capsule Le point sur chefferie). La dénomination course au leadership est également accepté.

Néanmoins, il faut éviter de confondre les fonctions de président et de chef de parti, qui correspondent à deux postes distincts au sein d’une formation politique; c'est pourquoi on ne peut parler dans ce cas de course à la présidence du parti. De même, on ne peut parler de congrès d’investiture pour désigner le congrès qui clôturera cette campagne à la direction, à la chefferie ou au leadership du parti. Le terme investiture ne s’emploie que dans le contexte d’une élection alors que les partis politiques désignent un candidat ou une candidate qui se présentera dans chacune des circonscriptions à la prochaine élection. On emploie aussi le terme dans le contexte d’une élection présidentielle aux États-Unis, où chacun des partis choisit son candidat à la présidence lors d’un congrès, appelé convention (la convention démocrate par exemple). Il n’est pas inutile en passant de rappeler que ce terme, convention, n’est accepté dans ce sens, en français, qu’en référence à la réalité américaine; il est considéré comme un anglicisme dans le sens de « congrès » en français québécois, que ce soit dans le domaine de la politique ou autre.

Dans la foulée d’une campagne à la direction, il est souvent question de l’ensemble des membres d’un parti. Dans ce sens, le terme membership est un anglicisme à éviter. On dira par exemple qu’une telle campagne pour (ou à) la direction du parti favoriserait peut-être un renouvellement ou une augmentation de l’effectif (ou des effectifs) du parti, du nombre de ses membres, ou encore des adhérents (plutôt que du membership).

Pour en savoir plus sur ces notions, nous vous invitons à consulter les fiches assemblée d’investiture, chef, congrès à la direction, course à la direction, direction et effectifs dans notre Grand dictionnaire terminologique.