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Jeux paralympiques et handisport

Après les Olympiques, viennent les Paralympiques. Ces jeux, en plus de nous faire découvrir des athlètes qui suscitent l’admiration, nous ont fait connaître un nouveau terme : paralympique. D’où vient-il? On est tenté d’y voir le préfixe para-, qui exprime l’idée de proximité ou de ressemblance, donc un événement semblable aux Jeux olympiques et qui se tient en marge de ceux-ci, ce qui serait sans doute justifié... mais pas tout à fait vrai. Il s’agit en fait d’un emprunt à l’anglais paralympic qui, lui, résulte d’une fusion de paraplegic et de olympic, un mot-valise, comme on les appelle. Il faut se garder de « remotiver » le terme paralympique en l’expliquant par la fusion d’un préfixe para- avec la finale du terme (o)lympique, comme l’ont fait certains. L’histoire de ces jeux confirme que le terme paraplegic est bien l’élément qui a servi à la formation du terme en anglais, alors que les premières dates d’attestation du terme en anglais puis en français corroborent l’emprunt. Le seul lien entre l’élément para- et le terme paralympique réside dans le fait qu’il a servi à la formation de paraplegic.

Les premiers Jeux paralympiques

Le terme anglais Paralympics est attesté dès 1954 pour désigner une manifestation sportive réservée aux athlètes paraplégiques qui avait été créée en Angleterre en 1948 après la Seconde Guerre mondiale par un médecin, Ludwig Guttman, qui travaillait dans un hôpital auprès d’anciens militaires. D’abord une modeste compétition mettant à l’épreuve des personnes paraplégiques, celle-ci a rapidement pris de l’ampleur et s’est ouverte à des athlètes ayant d’autres déficiences (cécité, paralysie cérébrale, amputation). Quant au terme paralympique, il a fait son entrée dans le vocabulaire français vers 1960, date des premiers Jeux paralympiques d’envergure internationale, tenus à Rome. Consigné dans les dictionnaires usuels, il fait aujourd’hui partie du lexique français. On parlera donc des Jeux paralympiques, en l’écrivant avec la majuscule au nom seulement comme pour Jeux olympiques, mais aussi d’un ou d’une athlète paralympique, d’une discipline ou d’un sport paralympique, du Comité international paralympique, etc.

Handisport

Cette explication linguistique nous amène à vous faire découvrir un autre mot lié à cette réalité : handisport. Peu employé au Québec, cet adjectif est bien attesté en France au sens de « qui est relatif à un sport ou à l’ensemble des sports pratiqués par les personnes handicapées ». C’est ainsi qu’existe la Fédération française handisport. On pourra aussi rencontrer ce mot dans des contextes comme le cyclisme ou le tennis handisport, un championnat handisport, des athlètes handisports ou encore une équipe handisport. Le terme est également relevé comme nom, le handisport, pour désigner l’ensemble des disciplines sportives pratiquées par les personnes handicapées. Il s’agit d’un autre mot-valise créé à partir de la fusion des mots français handicapé et sport. On le dit « mal formé »; il est vrai que les deux mots fusionnés n’ont pas de lien direct : il ne s’agit pas d’un « sport handicapé », mais le terme a l’avantage des mots-valises : la brièveté. Les dictionnaires usuels l’enregistrent; la plupart le font variable, sauf le Petit Larousse. Au Québec, ou plus largement au Canada, on lui préfère souvent des locutions qui, à défaut d’être courtes, sont claires : on parlera par exemple d’un sport ou d’un programme pour personnes ayant une déficience, ou plus particulièrement pour personnes en fauteuil roulant.

Pour en savoir plus sur ces notions, nous vous invitons à consulter les fiches Jeux paralympiques, handisport (n.) et handisport (adj.) dans Le grand dictionnaire terminologique.