Vous avez dit un trampoline?
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Le mot est bien connu, mais le genre masculin peut étonner. En effet, au Québec, trampoline est spontanément utilisé au féminin. Ce mot serait en fait un emprunt à l’italien, probablement venu en français par l’intermédiaire de l’anglais américain trampoline. Son entrée est récente en français : les dictionnaires l’attestent au début des années soixante. Mais comment expliquer que les Européens lui aient donné le genre masculin et nous, le féminin? On peut penser que nous avons emprunté le mot parallèlement des deux côtés de l’Atlantique. Le mot n’ayant pas de genre en anglais, nous lui aurions donné le genre féminin alors que, en Europe, on lui donnait le masculin. Cette explication vaut aussi pour d’autres mots comme un gang, un job ou du cantaloup, que les Québécois ont plutôt tendance à employer au féminin (une « gagne », une job, de la « cantaloupe »). On constate cependant que l’usage est aujourd’hui en train de changer et que le masculin gagne du terrain, du moins dans la langue plus soignée.

Les médias apportent une ouverture sur le monde qui nous fait parfois prendre conscience de ces petites différences, qui ne nuisent toutefois en rien à l’intercompréhension. Et ce sont les Jeux olympiques qui auront contribué à nous faire prendre conscience de cette nuance d’emploi. Le fait que le trampoline – qui désigne à la fois l’engin servant à rebondir et le sport que l’on pratique ainsi – ait été reconnu comme discipline olympique depuis les Jeux de Sydney, en 2000, et que, par conséquent, les commentateurs soient amenés à en rendre compte dans un contexte international a sans doute incité les journalistes à adopter le masculin. Ce choix a été de plus renforcé par le besoin d’employer fréquemment le mot dans les médias en raison de la popularité que connaît cette installation dans nos quartiers et des mises en garde que son utilisation a entraînées.

On a tendance à écrire la première syllabe de ce mot avec un e (trempoline), sous l’influence de tremplin. Cette attraction s’explique aisément par la similitude des deux choses; si l’on ajoute à cela que l’italien trampolino serait lui-même un emprunt du français tremplin, voilà que la boucle est bouclée…

En passant, comment appelle-t-on l'athlète qui pratique ce sport?… Eh bien oui, un ou une trampoliniste.