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Le vocabulaire de la papauté

À chacun des événements qui touchent la papauté, les médias nous font découvrir, ou redécouvrir, un vocabulaire aussi riche que le décorum des cérémonies. Le dernier en date est l'annonce de la renonciation de Benoît XVI.

Le pape

Commençons par le chef de l’Église catholique romaine : le pape, ou le Saint-Père, que l’on peut aussi nommer Sa Sainteté (abrégé en S. S.) ou, dans sa forme longue, Sa Sainteté le pape Benoît XVI. Il est peut-être utile de préciser que le fait pour un cardinal d’être intronisé pape (et non ordonné) n’en fait pas pour autant un saint, même si quelques papes ont pu être canonisés. On parle également de la primauté du pape, c’est-à-dire de son autorité suprême qui en fait le souverain pontife; le nom pontife est un terme qui désigne les hauts dignitaires de l’Église catholique, soit les évêques ou les prélats, et l’adjectif souverain, du latin superus « supérieur », qualifie la personne qui, dans son domaine, a tous les pouvoirs.

Sa succession

À la mort du pape, ou dans ce cas-ci, après sa renonciation, et jusqu’à ce que son successeur soit élu, c’est le camerlingue, ou cardinal camerlingue, qui administre et gouverne le Saint-Siège; c’est lui qui a la charge, notamment, de convoquer le conclave, terme qui désigne à la fois le lieu dans lequel se réunissent les cardinaux pour élire un pape et l’assemblée elle-même. Le camerlingue est donc, en quelque sorte, un « pape par intérim », ce qui est bien différent d’un pape dit de transition, que l’on qualifie ainsi pour signifier que son pontificat (« la durée de son exercice ») pourrait être de courte durée en raison de son âge avancé. Quant à la dénomination Saint-Siège, elle désigne le gouvernement pontifical, c’est-à-dire l’ensemble de l’administration qui seconde le pape dans l’exercice de ses fonctions. On l’appelle aussi la curie romaine ou simplement la curie. Et le siège... du Saint-Siège, qu’on désigne aussi parfois comme le Siège apostolique, est en fait la Cité du Vatican, couramment appelée le Vatican.

Papabile ou papable?

Parmi les cardinaux éligibles à la papauté, certains sont considérés comme étant ce que les Italiens appellent des papabile, ou plus justement papabili au pluriel,
c’est-à-dire des cardinaux susceptibles d’être élus. Mais pourquoi emprunter à l’italien ce que le français possède déjà? L’adjectif papable, attesté au moins depuis la fin du XVIe siècle, exprime bien cette idée; on en trouve, du reste, plusieurs attestations dans la presse ces derniers jours. Il est à souhaiter que son emploi se répande, ce qui faciliterait l’accord du pluriel. La marque « familier » qui lui est accolée dans certains dictionnaires ne paraît pas justifiée, d’autant que ministrable et présidentiable, construits sur le même modèle, ne comportent pas de marque d’usage.

Pour en savoir plus sur le mot conclave et les rites qui y sont associés, nous vous invitons à lire notre capsule « Habemus papam ».