| « Habemus papam »
Nous voilà donc avec un nouveau pape. Le conclave n’aura duré que deux jours. Ceux que l’on nomme les princes de l’Église (les cardinaux, mais cette dénomination peut aussi désigner les archevêques et les évêques), réunis dans la chapelle Sixtine (ainsi nommée parce que construite sur l’ordre de Sixte IV) ont tranché derrière le huis clos (littéralement « porte fermée », huis signifiait autrefois « porte d’une maison »).
On le dit conservateur (par opposition à progressiste). Benoît XVI est considéré comme un inflexible gardien du dogme, le terme dogme étant, dans ce contexte, un collectif qui désigne l’ensemble des dogmes (points de doctrine incontestables) de la religion catholique. Depuis 1981, le cardinal Ratzinger était préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi (l’ex-Saint-Office) qui statue sur les questions de foi et de morale. Certains l’ont surnommé « le grand inquisiteur », dénomination qui fait référence au chef suprême de l’Inquisition, ce tribunal ecclésiastique instauré par le pape Grégoire IX pour réprimer l’hérésie (doctrine jugée contraire aux dogmes et condamnée par l’Église) et l’apostasie (abandon de la foi) dans toute la chrétienté (et non chrétienneté), du XIIIe au XVIe siècle.
Par ailleurs, le latin est encore bien présent dans les rites catholiques. Après l’ordre Extra omnes (« Tous dehors ») pour signifier qu’à partir de ce moment, les portes de la chapelle Sixtine allaient se refermer pour isoler les cardinaux afin que débutent les délibérations, est venue la formule consacrée tant attendue : Annuncio vobis gaudium magnum : habemus papam! (« Je vous annonce une grande joie, nous avons un pape! »). Puis, le nouvel élu s’est adressé à la foule et a donné la bénédiction apostolique urbi et orbi (« à la ville, soit Rome, et au monde entier »). La dignité de pape lui confère désormais l’infaillibilité pontificale lorsqu’il se prononcera ex cathedra (littéralement « du haut de la chaire ») sur des questions de foi ou de mœurs.
|