Numéro 25 - 19 septembre 2007

La Francilettre express de l'Office québécois de la langue française est de retour.
Au menu : La mise à jour de septembre de la Banque de dépannage linguistique (BDL)

Mise à jour de la BDL

Les nouveautés de la BDL : les anglicismes

Pour la rentrée, la Banque de dépannage linguistique se concentre sur un sujet qui préoccupe bien des Québécois et des Québécoises : les anglicismes, c'est-à-dire les emprunts à l'anglais. Avec cette mise à jour, la BDL est fière de souligner ce mois-ci la diffusion de son 2000e article!

Soulignons d'abord que les anglicismes deviennent un thème à part entière, accessible directement dans l'arbre thématique. De plus, chacun des six types d'anglicismes fait maintenant l'objet d'un article explicatif. Vous êtes-vous déjà demandé ce qu'est un anglicisme intégral ou un anglicisme sémantique? Voici un aperçu des réponses que propose la BDL à ce type d'interrogation.

Les anglicismes intégraux sont des mots ou des groupes de mots qu'on a empruntés tels quels à l'anglais, forme et sens. La forme est souvent exactement la même qu'en anglais, comme glamour et short and sweet, mais elle est parfois légèrement adaptée au français, comme drabe, qui vient de l'anglais drab.

Les anglicismes hybrides, eux, sont des mots nouveaux formés à partir d'un mot anglais auquel on a ajouté un élément français. Cet élément (un suffixe, par exemple) remplace parfois un élément semblable du mot anglais. Booster est un exemple d'anglicisme hybride : il est formé à partir du verbe anglais boost, auquel on a ajouté le suffixe français –er.

Les anglicismes sémantiques, qui sont particulièrement nombreux, sont plus insidieux : il s'agit de mots bien français qu'on emploie dans un sens qu'ils ont en anglais, mais pas en français. Ajourner dans le sens de « faire une pause », pathétique dans le sens de « misérable », plancher dans le sens d'« étage » et préjudice dans le sens d'« opinion » sont des exemples d'anglicismes sémantiques.

Les anglicismes syntaxiques portent sur l'ordre des mots dans la phrase et sur l'emploi des prépositions et des conjonctions. L'expression un bon dix minutes, par exemple, est calquée sur l'anglais; en français, on dit plutôt dix bonnes minutes. L'emploi de la préposition pour après les verbes demander et chercher est aussi un anglicisme syntaxique.

Les anglicismes morphologiques, quant à eux, sont des traductions littérales de formes anglaises. Dans ce type d'emprunt, chaque élément est français, mais l'ensemble qui en résulte reproduit, totalement ou partiellement, l'image véhiculée en anglais. Technicalité, par exemple, a été formé sous l'influence de l'anglais et n'existe pas en français. À l'année longue, appel conférence et prix de liste sont d'autres exemples d'anglicismes morphologiques.

Enfin, dans le cas des anglicismes phraséologiques, on emprunte des locutions figées ou des images propres à l'anglais. Les expressions ajouter l'insulte à l'injure et sonner une cloche sont des anglicismes phraséologiques.

Consultez la BDL sous le thème des anglicismes pour en savoir davantage : vous y trouverez près de 300 articles portant sur ce phénomène et de nombreuses propositions pour remplacer les emprunts susceptibles de poser problème aux usagers de la langue française. Voilà de quoi devenir un fin connaisseur des anglicismes à éviter en français!

À la prochaine!
L'équipe de La Francilettre de l'Office québécois de la langue française

Pour lire les numéros précédents de La Francilettre, consultez notre site Web à l'adresse suivante : http://www.oqlf.gouv.qc.ca/francilettre/lafrancilettre.html.

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