Numéro 8 - septembre 2004

La Francilettre est un bulletin électronique diffusé par l'Office québécois de la langue française à l'intention des internautes francophones et francophiles. Pour consulter les numéros précédents, visitez notre site web à l'adresse suivante : http://www.oqlf.gouv.qc.ca/francilettre/lafrancilettre.html.

Guide sur les caractéristiques culturelles et linguistiques du Québec :
conventions et pratiques dans les technologies de l'information


La situation géographique du Québec, son appartenance à l'ensemble nord-américain, lui impose un double défi : il doit développer des moyens de communication qui contribuent à l'épanouissement de la langue française et de la culture québécoise dans le respect des normes et des standards nationaux et internationaux. Ce respect garantit la compréhension et une qualité de communication optimale pour cibler la clientèle francophone d'Amérique du Nord.

Les technologies de l'information utilisées doivent respecter les règles et les conventions d'écriture du français en usage au Québec. Ce guide reprend tous les aspects à considérer pour une localisation adaptée au Québec. Les renseignements qui suivent énoncent les conventions et les pratiques essentielles pour atteindre ce but.

 

I. JEUX DE CARACTÈRES

Saviez-vous que l'accent est un signe orthographique de la langue française? Ne pas l'utiliser tant sur les minuscules que sur les majuscules est une faute. Dans les technologies de l'information, le jeu de caractères à utiliser pour représenter l'ensemble du système d'écriture du français est l'Alphabet latin nº 1 (ISO/CEI 8859-1).

Les caractères avec des signes diacritiques du français sont : àÀ â çÇ éÉ èÈ êÊ ëË îÎ ïÏ ôÔ ûÛ üÜ ùÙ ÿŸ

 

II. RÈGLES D'ÉCRITURE
(tirées du guide Le français au bureau, 5e édition, Les publications du Québec, 2000)

1. Les noms de personnes
Saviez-vous que les noms et prénoms s'écrivent en minuscules, sauf la première lettre qui doit être en majuscule?

Exemples : Jacques Cartier, Des Champs, De Foy, Samuel de Champlain, etc.

2. Les noms de sociétés et d'organismes publics ou privés
Saviez-vous que, de façon générale, il est d'usage d'employer la majuscule seulement pour le premier terme des désignations de sociétés ou d'organismes?

Exemples : la Société générale de financement; l'Union des producteurs agricoles; la Société des alcools du Québec; l'Assemblée nationale; le ministère de la Santé et des Services sociaux; Ameublements Dion inc.; l'Université de Montréal.

 

3. Les adresses postales
Saviez-vous qu'une adresse postale est écrite en minuscules et en majuscules accentuées et que le nom de la voie de communication doit toujours être précédé des mots rue, boulevard, avenue, côte, chemin, selon le cas?

Exemple :
Monsieur Pierre Untel
Direction des communications
Association des médecins du Québec
1554, boulevard De Maisonneuve Ouest
Montréal (Québec)  H2L 3R9

 

4. Les adresses électroniques
4.1 Les adresses de courrier électronique d'Internet
Saviez-vous que le symbole @ (appelé a commercial, arrobas ou arobas) sépare le destinataire du nom de l'organisme auquel il appartient?

Exemple : prenom.nom@organisme.qc.ca

 

4.2 Les adresses de sites Web
Saviez-vous que les adresses de sites Web ne peuvent contenir qu'un sous-ensemble des caractères ASCII (inférieurs à 128 dans ISO/CEI 10646) et que le codet à deux lettres pour indiquer le pays est régi par la norme ISO 3166?

Exemple : L'adresse du site Web de la Commission de l'éthique de la science et de la technologie est http://www.ethique.gouv.qc.ca/

 

5. Les numéros de téléphone et de télécopie
Saviez-vous qu'il est encore d'usage d'écrire l'indicatif régional entre parenthèses, suivi d'une espace puis du code local et du code personnel, ces deux derniers éléments étant séparés par un trait d'union?

Exemple : Tél : (418) 524-8745 ou 418 524-8745 (lorsque l’indicatif régional ne sera plus facultatif)

6. Les nombres et les unités de mesure
Saviez-vous que le séparateur décimal est la virgule et que les nombres de cinq chiffres ou plus sont séparés par tranches de trois chiffres avec une espace insécable (caractère 192 dans l'Alphabet latin nº 1)?

Exemples : 1 807 915; 0,014 75;

7. Les dates
Saviez-vous que le premier jour de la semaine est le lundi et que la présentation numérique d'une date doit être constituée de la manière suivante : quatre chiffres pour indiquer l'année, deux chiffres pour le mois et deux autres pour la journée.

Exemple : 19960322 ou 1996 03 22 ou 1996-03-22

8. Les heures
Saviez-vous que la période de 24 heures constitue la base de référence pour la présentation numérique de l'heure? L'indication de l'heure est suivie de celle des minutes, les deux éléments étant séparés par les deux points (sans espace) dans un tableau.

Exemples : 17 h 30 (ou 17:30 dans un tableau et non 5 h 30 P.M., qui correspond à l'usage américain)

 

9. Les unités monétaires
Saviez-vous que le symbole d'unité monétaire est placé après la valeur numérique (et ses décimales, le cas échéant), et séparé de cette dernière par une espace?

Exemples : 250 $; 8,95 $; 1288,01 $; 98 M$; 12 G$; 48 CAD; 789 USD; 48 $ CA; 789 $ US

 

III. USAGES TYPOGRAPHIQUES COURANTS

1. Les espacements
Saviez-vous qu'il n'y a pas d'espace avant le point d'interrogation et qu'il faut en placer une avant le deux-points?

 

Nom du signe
de ponctuation

Signe de ponctuation

Espacement avant
le signe

Espacement après
le signe

Deux-points
:
Un espacement Un espacement
Deux-points dans les heures numériques
:
Pas d’espacement Pas d’espacement
Guillemet français fermant
»
Un espacement Un espacement
Guillemet français ouvrant
«
Un espacement Un espacement
Petit guillemet fermant
"
Pas d’espacement Un espacement
Petit guillemet ouvrant
"
Un espacement Pas d’espacement
Point d’exclamation
!
Pas d’espacement Un espacement
Point d’interrogation
?
Pas d’espacement Un espacement
Point-virgule
;
Pas d’espacement Un espacement
Pour cent
%
Un espacement Un espacement

 

IV. TERMINOLOGIE

Quand un secteur se développe, de nouveaux concepts naissent, de nouvelles réalités doivent être nommées dans toutes les langues nationales. La terminologie des technologies de l'information évolue rapidement.

L'Office québécois de la langue française met gratuitement à votre disposition Le grand dictionnaire terminologique (GDT) à l'adresse http://www.oqlf.gouv.qc.ca. C'est un outil bilingue anglais-français qui traite quelque 3 millions de termes appartenant à 200 grands domaines d'activité, répartis sur 800 000 fiches terminologiques.

 

Le document complet est accessible dans le site Web de l'Office québécois de la langue française à l'adresse http://www.oqlf.gouv.qc.ca/ressources/ti. Les autres points abordés sont :

  • les coupures de mots en fin de ligne
  • le tri et le classement
  • la recherche
  • la présentation des textes (les formats de papier, les marges, la division, la pagination)
  • les périphériques de saisie
  • la configuration des systèmes d'exploitation (MS Windows, Mac OS X et Linux)
  • le paramétrage linguistique des sites Web
  • la liste des normes en vigueur au Québec

CONCLUSION

Ce document est inspiré de travaux menés conjointement par le Secrétariat du Conseil du trésor et par le Bétel (Banc d’évaluation technolinguistique) de l'Office québécois de la langue française. Il reprend les différents aspects dont il faut tenir compte lors de la localisation des technologies de l'information pour cibler adéquatement une clientèle francophone d'Amérique du Nord. En cette ère de mondialisation, chaque particularité locale est à respecter. Pour que la langue française rayonne, il faut favoriser le multilinguisme dans les technologies de l'information.


Le banc d'évaluation technolinguistique (Bétel) a été mis sur pied à l'Office québécois de la langue française dans le but de faciliter la francisation des technologies de l'information en entreprise. On peut soumettre toute question liée à l'utilisation d'une version française d'un logiciel au Bétel à l'adresse betel@oqlf.gouv.qc.ca.