Numéro 13 – 7 juin 2005

La Francilettre de l'Office québécois de la langue française, destinée aux cyberfutés francophones et francophiles, est de retour. Au sommaire : la ponctuation.

La ponctuation dans tous ses états!

Il est difficile de définir la ponctuation, bien que cet ensemble de petits signes soit précieux pour tout scripteur et tout lecteur. Cependant, on peut avancer que la ponctuation est un système de signes conventionnels qui sert à marquer des rapports syntaxiques, à faciliter la compréhension d’un texte ou à indiquer des nuances.

Les signes de ponctuation

Le nombre de signes de ponctuation varie selon la définition et l’approche théorique que l’on privilégie. Une définition restreinte limite la ponctuation à une douzaine de signes graphiques. Ainsi, selon Le bon usage de Grevisse, les signes de ponctuation sont : le point (.), le point d’interrogation (?), le point d’exclamation (!), la virgule (,), le point-virgule (;), le deux-points (:), les points de suspension (…), les parenthèses ( ), les crochets [ ], les guillemets « », le tiret (—) et la barre oblique (/). 

À cela peuvent s’ajouter, selon d’autres auteurs, les blancs et les majuscules ainsi que certains signes typographiques tels que l’apostrophe, le trait d’union, les accolades, l’alinéa, l’astérisque et les appels de note.

Enfin, une définition plus large de la ponctuation inclut tous les signes et procédés de mise en page, ce qui comprend non seulement les symboles, les signes auxiliaires, les blancs entre les mots et les majuscules, mais aussi l’italique, le gras, le soulignement, les titres, les blancs entre paragraphes et entre chapitres, etc. Dans cette optique, on déborde du texte proprement dit, et les territoires de la ponctuation, de la typographie et de la mise en page se chevauchent.

Le classement des signes

L’ensemble des signes de ponctuation se prête à plusieurs découpages. Certains regroupent les signes de ponctuation d’après l’importance de la pause qui sépare à l’oral les éléments ponctués. On parle alors de ponctuation faible, moyenne et forte.

D’autres linguistes analysent la ponctuation en fonction des unités linguistiques touchées, c’est-à-dire selon le niveau linguistique où interviennent les signes de ponctuation. On distingue alors la ponctuation de mot, la ponctuation de phrase et la ponctuation de texte.

Finalement, les signes de ponctuation sont également classés par certains linguistes en fonction du rôle particulier qu’ils jouent. On parlera alors de signes pausaux, de signes mélodiques, de signes d’insertion et de signes d’appel.

Rôle et fonctions de la ponctuation

La ponctuation permet d’organiser et de présenter le texte, d’une part, et de faciliter la compréhension du texte, d’autre part. Elle complète le message transmis par les lettres et les mots en ajoutant d’autres informations. Il existe une multitude de cas où un tout petit signe a fait une énorme différence de sens. Un exemple souvent cité est le suivant : « Il n’est pas mort, comme on l’avait dit » ne signifie pas la même chose que « Il n’est pas mort comme on l’avait dit ». Dans le premier cas, il n’est pas mort; tandis que dans le second cas, il est bel et bien mort, mais pas de la manière qu’on croyait. On distingue habituellement quatre grandes fonctions de la ponctuation.

Fonction syntaxique

La ponctuation accompagne l’agencement des mots, des groupes de mots et des phrases en marquant leur rôle respectif dans l’ensemble du texte. Ainsi la virgule, par exemple, n’est pas qu’affaire de respiration; l’endroit où une pause est appropriée correspond le plus souvent à une division syntaxique du texte.

Fonction sémantique

Les signes de ponctuation aident à comprendre le sens d’un texte en en présentant les différentes parties. Ils contribuent également au sens des phrases et des mots, et même parfois créent à eux seuls le sens. Par exemple, une suite de signes de ponctuation en guise de réplique, des points de suspension qui signifient « sans commentaires », un tiret qui indique l’absence de réponse d’un personnage, voilà autant de signes qui véhiculent un message textuel, et ce, sans le support des mots.

Fonction expressive et intonative

La ponctuation permet d’indiquer les sentiments et les intonations de l’auteur. Un texte peut comporter par exemple des points d’exclamation qui marquent la colère, l’impatience ou l’admiration; des points de suspension pleins d’ironie, d’autres qui indiquent plutôt la réserve ou encore un état rêveur; des points d’interrogation qui expriment le doute, le scepticisme ou encore le questionnement véritable.

Fonction rythmique

Historiquement, le premier rôle de la ponctuation a été d’aider au chant ou à la lecture d’un texte, en indiquant à l’orateur où marquer les pauses. Cette fonction existe encore (un texte sans ponctuation serait essoufflant, même lu silencieusement), mais ne suffit plus à définir la ponctuation. Par exemple, on ne sépare habituellement pas le sujet du verbe; toutefois, lorsque le sujet d’une phrase est relativement long, la pause que l’on ferait à l’oral est parfois rendue par une virgule à l’écrit. 

Donc, que vous soyez spécialiste, perfectionniste ou, simplement, amoureux de la langue, vous découvrirez tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les signes de ponctuation en consultant les articles traitant de ces signes dans la Banque de dépannage linguistique et vous pourrez utiliser vos connaissances pour répondre au questionnaire du jeu linguistique D’autre signes.

Un point, c’est tout!

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