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Allocution de Pierre Bourgault lors de la remise
    du prix Georges-Émile-Lapalme
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Maître de sa langue

Pierre Bourgault,
Premier lauréat du prix Georges-Émile-Lapalme

Considéré comme le « père de la Révolution tranquille », Georges-Émile Lapalme (1907-1985) a été le premier titulaire du ministère des Affaires culturelles du Québec. Le prix qui honore sa mémoire couronne la carrière d’une personne ayant contribué de façon exceptionnelle à la qualité et au rayonnement de la langue française parlée ou écrite au Québec, que ce soit dans le domaine de la culture, des communications, de l’éducation, de l’administration, de la recherche, du travail, du commerce ou des affaires. (Source : Les prix du Québec 1997, ministère de la Culture et des communications et ministère de l’Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie)

Nous reproduisons ici le texte de l’allocution que Pierre Bourgault, premier lauréat de ce prix en 1997, a prononcée au gala des prix du Québec en décembre dernier.

Mes chers amis, ne soyons pas modestes, je pense que nous avons bien travaillé. Il y a quelque chose de miraculeux dans l’acharnement obstiné du peuple québécois à vivre en français en Amérique du Nord. De génération en génération, nous avons réussi maintes fois à transformer des défaites en victoires, à repousser les limites du possible pour nous incarner solidement dans cette terre que nous partageons aujourd’hui avec tous ceux qui étaient là avant nous et avec tous ces autres qui nous ont rejoints depuis.

Nous avons souvent hésité, souvent tergiversé, souvent douté, mais nous avons toujours réussi à rendre possible ce qui était nécessaire. Aujourd’hui, nul n’en disconviendra, nous sommes là « pour rester ».

Je pense que ma génération n’a pas démérité de celles qui l’ont précédée; il y a quarante ans, les plus pessimistes ne donnaient pas cher de notre peau; notre pays ne nous appartenait pas beaucoup et notre langue ne servait pas à grand-chose. Et soudain, tout est redevenu possible, soudain nous nous sommes mis à rêver de nouveau et soudain, nous avons décidé de transformer notre rêve en réalité. Oui, je pense que nous avons bien travaillé!

Nous avons voulu changer le Québec et nous l’avons changé. Aujourd’hui, nos enfants de toutes origines se retrouvent dans notre langue commune et savent que le français, s’il nous isole en Amérique du Nord, nous ouvre aussi tous les horizons à travers le monde. Ils savent que quand nous défendons le français chez nous, ce sont toutes les langues du monde que nous défendons contre l’hégémonie d’une seule. Nos enfants savent que nous sommes là « pour rester ».

Ce pays est vivant et il est libre, l’héritage est intact. Quant à moi, si j’ai pu dire ce que j’ai dit et si j’ai pu faire ce que j’ai fait, c’est qu’il y avait tout un peuple avec moi qui me soufflait les mots et qui m’inspirait les gestes. Ce que j’ai fait, je l’ai fait avec plaisir et je reste convaincu que j’y ai gagné ma liberté.

Publié dans Infolangue, dossier Médias, volume 2, numéro 2, printemps 1998, p. 22.

 
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