Site de l'Office québécois de la langue française

Barre de navigation Accueil Plan du site Courrier Coordonnées English section Site officiel du Gouvernement du Québec

 Publications et services linguistiques
 Bibliothèque virtuelle
 Technologies de l'information
 Testez vos connaissances
 Jeux linguistiques
 Données sociolinguistiques
 Liens utiles

Page du GDT et de la BDL

Recherche dans le site
Dossier linguistique - La bonne entente linguistique

 Accueil | Bibliothèque virtuelleDossiers linguistiques

Un mystérieux mélange : Sheila McLeod Arnopoulos
Claude Tourigny

Vingt ans après la publication du livre Le fait anglais au Québec, voici une rencontre avec son auteure, la journaliste engagée et écrivaine Sheila McLeod Arnopoulos.

Tout comme Émilie Bordeleau, Mme McLeod mère, d'origine écossaise, enseignait à des enfants autochtones et immigrants dans une école de rang, à Peace River en Alberta. Elle avait dix-sept ans, se déplaçait à cheval et habitait une toute petite chambre chez un couple francophone.

C'est ensuite à l'Université McGill que les parents de Mme Sheila Arnopoulos se rencontrèrent. Ils décidèrent d'élever leur famille à Notre-Dame-de-Grâce, dans une rue où se côtoyaient de nombreuses cultures. « Les protestants allaient à l'école du dimanche , les juifs avaient des cours de religion tous les jours après l'école et les catholiques avaient leurs églises. Pendant la période bénie du primaire, nous jouions tous ensemble. Ma mère aurait bien voulu qu'on parle le français, mais la langue de la rue, celle qui nous rassemblait, c'était l'anglais ».

Au Montreal Star

Après des études en sciences politiques à McGill, des camps d'été en français et une aventure amoureuse qui lui a ouvert les portes des existentialistes français, elle entre au Montreal Star. Elle se marie et adopte professionnellement le nom Arnopoulos. « Avec un nom comme McLeod Arnopoulos, j'étais mieux acceptée par la communauté francophone. On ne savait pas trop qui j'étais… un mélange mystérieux, et sûrement pas un diable d'anglais ». Ses articles très fouillés sur les conditions de travail des femmes, sur les immigrants et sur les minorités lui valent prix et renommée. Elle s'intéresse aussi au débat linguistique qui déchire le Québec, pour lequel les éditeurs du Montreal Star manifestent peu d'intérêt.

En réaction, par besoin de comprendre et d'informer, Mme Arnopoulos écrit une série d'articles sur les anglophones bien dans leur peau qui travaillent dans des milieux francophones. Des articles sur la francisation des entreprises mettront fin à sa carrière au Montreal Star. « Mes patrons me considéraient trop sociale et trop péquiste ».

Avec le journaliste Dominique Cliff, elle poursuivra ses réflexions sur l'histoire des relations entre les communautés anglophone et francophone. En 1979, ils publieront Le fait anglais au Québec.

Au Conseil de la langue française

Alors qu'à Ottawa se préparait le rapatriement de la Constitution, Mme Arnopoulos accepte de devenir membre du Conseil de la langue française. « On m'a dit qu'on avait pensé à moi parce que j'avais un nom allophone et que je connaissais la communauté anglophone… J'ai répondu que j'étais fédéraliste et que ma démarche était journalistique; je gardais donc ma liberté de parole. » Mme Arnopoulos ne regrette pas ces débats et ces discussions houleuses mais nécessaires. Elle a beaucoup appris sur la communauté francophone, s'est fait de bons amis, comme Pierre Vadeboncoeur. « J'étais considérée comme l'Anglaise, gentille…, mais anglaise. Ma communauté pensait, quant à elle, que j'étais péquiste. »

Écrivaine, romancière, mais toujours journaliste

À Concordia où elle enseigne le journalisme, Mme Arnopoulos, fatiguée des débats sur la question de la langue, se régénère au contact de ses étudiants dont le tiers est maintenant francophone. « Beaucoup d'étudiants anglophones de l'extérieur du Québec choisissent de venir étudier à Montréal parce que c'est une ville passionnante, unique. Ils habitent Le Plateau, participent à la vie culturelle francophone. Ces jeunes échangent ensemble. Ils lisent les journaux anglophones et francophones. Ils sont à peu près tous bilingues, idéalistes et respectueux les uns des autres. »

La priorité pour elle, en ce moment, ce sont les jeunes, ceux qu'on abandonne, ceux qui sont laissés à eux-mêmes : « C'est là, l'avenir, c'est là que nous devrions joindre nos efforts, anglophones et francophones. » Mme McLeod Arnopoulos se consacre aussi à sa nouvelle passion, le roman. Et par besoin d'aller voir ailleurs d'autres réalités, elle se rend en Chine et au Japon pour donner des séminaires d'écriture en journalisme…

Source : Infolangue, automne 1999

 Accueil | Bibliothèque virtuelle | Dossiers linguistiques | Haut de page

 

Portail du Gouvernement du Québec