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Dossier linguistique - Le français, langue de modernité

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La traditionnelle et la nouvelle
Rosita Harvey

Les rectifications de l'orthographe du français au Québec : bref tour d'horizon de l'évolution du dossier, de 1991 à 1999.

Le Québec s'est intéressé à la question des rectifications de l'orthographe dès le début des travaux qui ont fait suite à l'appel que dix linguistes ont lancé en 1989 en faveur de la modernisation de l'orthographe du français. À l'invitation de la France, le président du Conseil de la langue française du Québec, à l'époque M. Pierre Martel, s'est joint au comité d'experts qui ont eu à préparer les dossiers demandés par le premier ministre français.

Les propositions avancées par le Québec étaient le résultat de la réflexion d'un comité d'experts québécois mandatés par le Conseil. Ce comité était composé de lexicographes, d'universitaires, ainsi que de représentants des organismes de langue, du ministère de l'Éducation et des syndicats d'enseignants. Ces travaux ont également servi à élaborer l'avis du Conseil de la langue française au ministre responsable de l'application de la Charte de la langue française, que l'on peut consulter dans le site du Conseil (www.clf.gouv.qc.ca).

En 1991, alors que le Conseil de la langue française du Québec transmettait son avis au ministre, l'Office de la langue française informait ce dernier qu'il était prêt à prendre les mesures nécessaires pour assurer la diffusion des rectifications dans l'administration publique. Cependant, quelques mois plus tard, après que l'Académie française eut recommandé de laisser le temps faire son oeuvre, l'Office publiait un communiqué dans lequel il demandait de « surseoir à l'utilisation des nouvelles règles orthographiques [en raison des] hésitations de certains de nos partenaires francophones [qui] nous obligent à attendre un consensus plus solide pour appliquer les stratégies d'implantation que nous avons élaborées ».

En suspens

Au Québec, la question des rectifications de l'orthographe est donc restée en suspens durant plusieurs années. Malgré les demandes sporadiques de réviseurs, de linguistes, de rédacteurs, d'éditeurs de matériel didactique ou d'enseignants qui s'interrogeaient sur l'utilisation de la nouvelle orthographe dans leurs domaines de travail respectifs, seules quelques personnes, des grammairiens notamment, s'en préoccupèrent et commencèrent à introduire les rectifications dans leurs ouvrages, avec des réticences ou avec un appui total. Ils faisaient écho en cela à l'introduction des rectifications dans la neuvième édition du dictionnaire de l'Académie française.

Ainsi, aucune mesure « officielle » n'a été prise pour, par exemple, informer le personnel enseignant de la présence d'un certain nombre de rectifications de l'orthographe dans les dictionnaires récents ou pour lui recommander d'en tenir compte dans l'enseignement et dans les corrections d'examens. Par ailleurs, les autorités donnaient leur aval à une participation québécoise au Colloque CNRS-HESO-AIROÉ (Centre national de la recherche scientifique - Histoire et structure des orthographes et systèmes d'écritures - Association pour l'information et la recherche sur les orthographes et systèmes d'écriture) sur la variation et l'harmonisation des normes graphiques du français, réflexion proposée par la France en 1993.

À suivre

Depuis 1996, les organismes institutionnels de langue française de la France, du Québec, de la Communauté française de Belgique et de la Suisse romande ont décidé de se rencontrer annuellement afin de mettre en commun leurs informations, leurs efforts et certains de leurs projets. La première de ces rencontres s'est tenue en Suisse romande et, dès ce moment, la question des rectifications de l'orthographe a été inscrite à l'ordre du jour. Depuis, chaque année, le dossier est rediscuté, et ces discussions ont donné lieu à diverses approches auprès des gouvernements, et particulièrement des ministères de l'Éducation des quatre communautés linguistiques.

En 1998, à la suite des démarches entreprises par le Conseil de la langue française et l'Office de la langue française, le ministère de l'Éducation du Québec a mis sur pied un comité interne chargé de faire des propositions au ministre, notamment afin que les élèves ne soient pas pénalisés lorsqu'ils utilisent les formes nouvelles. Cependant, aucun projet concernant la diffusion des rectifications de l'orthographe n'est encore avancé, qu'il s'agisse du milieu scolaire, de l'Administration ou de l'entreprise privée. Par ailleurs, de plus en plus d'ouvrages, en particulier des grammaires et des codes orthographiques, font état des rectifications et en tiennent compte.

Quelques-unes des rectifications

Les rectifications de l'orthographe publiées au Journal officiel de la République française du 6 décembre 1990 portaient sur :
le trait d'union,
les marques du nombre,
le tréma et les accents,
les verbes en -eler, -eter,
le participe passé des verbes pronominaux,
les mots empruntés,
les anomalies.

De ces rectifications, quelques-unes connaissent un certain succès et semblent s'implanter peu à peu : des dictionnaires et des grammaires en font état et certains les intègrent, des ouvrages de langue les appliquent, parfois en prévenant du choix qui est fait, parfois sans le mentionner.

Parmi les rectifications, celles qu'on voit le plus souvent appliquées sont : la suppression de l'accent circonflexe sur i et u dans certains mots (maitre, paraitre, sureté), le remplacement de l'accent aigu par l'accent grave dans certaines formes verbales ou nominales (cèdera, évènement), le déplacement du tréma (ambigüe), la marque du pluriel de certains mots composés (des après-midis), le pluriel francisé des mots d'origine étrangère (des graffitis).

Source : Infolangue, volume4, numéro1-2, printemps 2000
Dossier Le français, langue de modernité

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