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Langue de travail : en français,
mais le bilinguisme est très présent

Montréal, le 27 novembre 2012. – Même si le français demeure la langue principale de travail de la majorité de la population du Québec, de nouvelles études, rendues publiques aujourd'hui par l'Office québécois de la langue française, démontrent néanmoins que le bilinguisme est très présent, particulièrement dans la région de Montréal.

Langue principale et bilinguisme

L'examen de différentes études menées à partir de 1971 permet de brosser un portrait de l'évolution du français dans les milieux de travail au Québec. Bien qu'il faille considérer avec prudence les conclusions de cet exercice, compte tenu des diverses méthodologies employées au fil des années, il en ressort que, dans l'ensemble du Québec, la proportion de travailleurs utilisant principalement le français (c'est-à-dire la moitié du temps de travail ou plus) a progressé de 1971 à 2010.

On observe cependant deux phases distinctes au cours de cette période de près de quarante ans. De 1971 à 1989, la tendance était à la hausse, la proportion de travailleurs utilisant principalement le français passant de 83 % à 91 % pour l'ensemble du Québec, et de 69 % à 85 % dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal.

Par la suite, entre 1989 et 2010, on a constaté un mouvement à la baisse, tant chez les francophones que chez les anglophones, ce qui a fait passer la proportion de travailleurs utilisant principalement le français de 91 % à 89 % dans l'ensemble du Québec, et de 85 % à 80 % dans la RMR de Montréal. Cette baisse de 2 points pour la population du Québec et de 5 points pour celle de la région de Montréal porte à conclure que le bilinguisme est en hausse. On note d'ailleurs que chez les francophones de la RMR de Montréal qui travaillaient dans le secteur privé, l'utilisation principale du français est passée de 88 % en 1971 à 93 % en 1989 pour descendre à 87 % en 2010.

Au surplus, l'étude de 2010 révèle que c'est une minorité de Québécois qui travaillaient exclusivement en français : 63 % des travailleurs avaient recours à l'anglais à un degré ou à un autre dans leurs communications professionnelles. Cette situation était encore plus répandue dans l'île de Montréal (82 %) qu'ailleurs au Québec (53 %).

Il importe par ailleurs de souligner que la progression de l'utilisation du français au travail a été constante chez les allophones, en particulier ceux qui travaillent dans les entreprises privées de la grande région de Montréal : l'usage principal du français dans ce groupe est passé de 42 % en 1971 à 63 % en 1989, pour atteindre 68 % en 2010.

Les caractéristiques qui influent sur la langue de travail

Les études démontrent également que la langue d'usage à la maison influe sur l'usage du français ou de l'anglais au travail. Ainsi, en 2010, dans l'ensemble du Québec, la proportion de personnes travaillant principalement en français (soit la moitié du temps ou plus) était de 96 % chez les francophones et de 42 % chez les anglophones. Chez les allophones, la proportion se chiffrait à 75 %.

On voit en outre que plus les travailleurs sont scolarisés, plus ils utilisent l'anglais ou les deux langues à égalité au travail. En 2006, 60 % des travailleurs ne possédant aucun diplôme utilisaient exclusivement le français, cette proportion baissant à 31 % parmi les travailleurs qui détenaient un diplôme de maîtrise ou de doctorat.

Les secteurs de travail ont également une incidence sur les pratiques linguistiques. C'est dans l'administration publique québécoise, dans l'enseignement, les soins de santé et les services sociaux que l'utilisation prédominante du français était le plus répandue en 2006. La présence du français était cependant plus faible dans des industries de pointe telles que les technologies de l'information ainsi que dans les secteurs de la recherche scientifique, du transport aérien ou ferroviaire, de la finance, des assurances et du commerce de détail.

Le français au travail dans la région de Gatineau en 2010

Une étude portant plus particulièrement sur les pratiques linguistiques au travail dans la région de Gatineau a permis de dégager un certain nombre de constats. D'abord, la majorité des Gatinois (82 %) considérait avoir des compétences tant en français qu'en anglais; ce taux, qui était supérieur à ce qu'on peut observer pour l'ensemble des Québécois (59 %), favorisait l'utilisation des deux langues au travail. Par ailleurs, une proportion importante de répondants travaillaient dans des organisations qui ne sont pas assujetties à la Charte de la langue française, soit l'Administration fédérale et des entreprises situées en Ontario. Ces éléments se reflètent dans les résultats de l'étude, qui montrent que 61 % des travailleurs gatinois du secteur privé utilisaient le français au travail la majorité du temps, cette proportion se chiffrant à 78 % chez les travailleurs dont l'emploi est au Québec. D'autre part, 29 % des travailleurs gatinois de la fonction publique fédérale travaillaient majoritairement en français; ce taux se fixait à 36 % lorsque ces fonctionnaires travaillaient au Québec.

Un équilibre à établir

Selon la présidente-directrice générale de l'Office, Mme Louise Marchand, « non seulement ces études dressent-elles un portrait détaillé de la situation du français au travail et de son évolution, trente-cinq ans après l'adoption de la Charte de la langue française, mais elles mettent aussi en lumière la complexité de la question et les facteurs qui sont associés à cet enjeu déterminant pour la société québécoise. Le principal défi, a-t-elle conclu, est de trouver le juste équilibre entre le droit de travailler en français, garanti par la Charte, et les besoins spécifiques des entreprises en matière de postes bilingues. »

À propos de l'Office québécois de la langue française

Créé en 1961, l'Office québécois de la langue française veille à ce que le français soit la langue normale et habituelle du travail, des communications, du commerce et des affaires, dans l'Administration et les entreprises. Il enrichit la terminologie et offre des outils et des services linguistiques. L'Office assure le respect de la Charte de la langue française et surveille l'évolution de la situation linguistique au Québec.

 

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Source : 
Martin Bergeron
Adjoint à la présidente et porte-parole
Office québécois de la langue française
514 873-6567, sans frais 1 888 873-6202

 
 

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