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Suivi démolinguistique de l'Office québécois de la langue française
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Les tendances se maintiennent et de nouveaux comportements se profilent

Québec et Montréal, le 9 septembre 2011. – À la lumière des cinq études réalisées en 2010 dans le cadre de son mandat de suivi de l'évolution de la situation linguistique au Québec et remises aujourd'hui à la ministre responsable de l'application de la Charte de la langue française, Mme Christine St-Pierre, l'Office québécois de la langue française constate que les grandes tendances déjà observées se maintiennent. Les études révèlent aussi certains changements indéniables dans les pratiques linguistiques.

Le maintien des grandes tendances

Les données portant sur la langue maternelle démontrent en effet que, dans l'ensemble du Québec, de 1996 à 2006, le poids relatif de la population allophone a continué d'augmenter pour se situer à 11,4 % et que, dès lors, celui de la population francophone a diminué à 79 %, alors que la population anglophone est demeurée relativement stable, à 7,7 %. L'immigration internationale en constante progression, le ralentissement de l'accroissement naturel, le vieillissement de la population, les migrations interprovinciales et intraprovinciales et, dans une moindre mesure, les substitutions linguistiques influent grandement sur le portrait démolinguistique du Québec.

Pour ce qui est de la langue le plus souvent parlée à la maison, dans l'ensemble du Québec, en 2006, le poids relatif des francophones a légèrement diminué pour atteindre 81,1 %, celui des anglophones est demeuré relativement stable à 10 % et celui des allophones a augmenté pour atteindre 6,5 %.

Basées, pour une bonne part, sur les trois derniers recensements canadiens disponibles (1996, 2001 et 2006), mais issues d'analyses détaillées effectuées par des chercheurs indépendants, experts en démolinguistique, les études démontrent que ces phénomènes touchent l'ensemble du territoire du Québec. Ils sont d'autant plus perceptibles dans la grande région de Montréal où s'établissent majoritairement les immigrants, comme c'est le cas des autres grandes villes canadiennes. Par ailleurs, dans la mesure où l'étalement urbain est un phénomène mondial, le Québec n'y échappe pas. Ainsi, de 2001 à 2006, la proportion de francophones sur l'île de Montréal a décru en raison des départs vers les autres régions du Québec, notamment vers la couronne métropolitaine. Étant donné que les anglophones et les allophones ont aussi accru leur migration vers cette couronne, le poids relatif des francophones de la grande région de Montréal a diminué (67,9 % en 2006 par rapport à 68,6 % en 1996), en ce qui a trait à la langue le plus souvent parlée à la maison.

Les nouveaux comportements

Les comportements linguistiques des personnes de langues maternelles tierces sont très variés. Bien qu'on ne puisse, selon une des études, déterminer si les caractéristiques du quartier de résidence influencent le comportement linguistique des immigrants allophones, une cartographie de leur distribution a été réalisée et elle démontre que, dans 42 des 56 quartiers de la grande région de Montréal, le français a été la langue vers laquelle la majorité des substitutions des allophones ont eu lieu en 2006. Par ailleurs, même si une minorité de ces personnes (39 %) ont fait une substitution linguistique au cours de leur vie, les données du recensement de 2006 permettent de constater, pour la première fois, que la proportion de cette population qui a fait une substitution vers le français (51 %) a dépassé la proportion de celle ayant fait une substitution vers l'anglais (49 %), alors que ces taux étaient respectivement de 39 % vers le français et de 60 % vers l'anglais, en 1996. Parmi les immigrants allophones qui n'ont pas fait de substitution linguistique, au moins la moitié connaît le français, la proportion atteignant même plus de 8 personnes sur 10 parmi celles qui sont arrivées au Québec avant l'âge de 15 ans.

Comme l'indique une des recherches, des personnes de toutes générations ont effectué une substitution linguistique vers le français, mais dans des proportions diverses. Pour l'ensemble du Québec, parmi toutes les personnes ayant effectué une substitution, les générations 1,0 (allophones nés à l'étranger de deux parents nés à l'étranger, arrivés après l'âge de 14 ans) et 1,5 (allophones nés à l'étranger de deux parents nés à l'étranger, arrivés avant l'âge de 15 ans) ont les plus forts taux de substitution vers le français (70 % et 45 %). Pour expliquer ce taux élevé, les auteurs proposent quatre hypothèses : la connaissance du français avant l'arrivée des immigrants au Québec, la sélection en faveur d'immigrants qui connaissent le français, la durée de présence au Québec et l'obligation pour certains répondants et pour les enfants des allophones de fréquenter le système scolaire francophone, ce qui a une influence sur la langue parlée à la maison. Enfin, comme en 2001, plus de 9 personnes sur 10, toutes langues maternelles confondues, connaissent le français.

La situation dans 20 ans

Selon les hypothèses les plus probables du scénario de référence tracé dans les perspectives démolinguistiques, le portrait de l'ensemble du Québec en 2031 se dessinerait ainsi qu'il suit : en matière de langue le plus souvent parlée à la maison, le poids démographique des francophones baisserait à 77,9 % et celui des anglophones à 10,1 %, alors que celui des allophones augmenterait à 12,1 %. Dans l'ensemble de la grande région de Montréal, le poids des francophones serait de 63,1 %, celui des anglophones de 16,3 % et celui des allophones de 20,6 %. Dans le reste du Québec, la proportion de francophones devrait demeurer au-dessus de 93 %, avec une légère diminution du poids des anglophones à 3,6 % et une augmentation minime du poids des allophones à 3,1 %.

Les prochaines étapes

Après la publication de cette première série d'études consacrées à la langue maternelle et à la langue d'usage de la population québécoise, les jalons sont maintenant posés pour que l'Office puisse poursuivre son analyse de la situation linguistique dans d'autres domaines, notamment la langue du commerce et des affaires, la langue de service et la langue du travail.

Les membres de l'Office tiennent à remercier les chercheurs qui ont réalisé les travaux et à souligner la contribution du Comité de suivi de la situation linguistique et de son président, M. Marc Termote, dans l'examen des études.

On peut consulter les cinq études du volet démolinguistique ainsi que le résumé en cliquant sur l'onglet Suivi de la situation linguistique dans le site de l'Office québécois de la langue française (www.oqlf.gouv.qc.ca).

Créé en 1961, l'Office définit et conduit la politique québécoise en matière d'officialisation linguistique, de terminologie ainsi que de francisation de l'Administration et des entreprises et surveille l'évolution de la situation linguistique au Québec tout en assurant le respect de la Charte de la langue française.

 

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Renseignements : 

Martin Bergeron
Chargé des relations publiques et
porte-parole
Office québécois de la langue française
514 873-6567
 
 

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